Le défilé parisien de la "Manif pour tous"
Le défilé parisien de la "Manif pour tous" © MaxPPP / Etienne Laurenta
**Deux chiffres, un gouffre. Les organisateurs de la "Manif pour tous" parisienne annoncent 500.000 participants ce dimanche. La préfecture en a compté 80.000.** Le cortège s'était élancé aux alentours de 13h de la place de l'Ecole militaire (7e arrondissement) en direction de la place Denfert-Rochereau (14e). Fer de lance de l'opposition au mariage gay voté l'an passé, le collectif "La manif pour tous" entendait mobiliser pour la défense de la famille menacée, selon lui, par le gouvernement et sa majorité. **"François Hollande doit écouter son peuple", disent les manifestants. Reportage dans le cortège parisien de Julie Pietri.**
"La manif pour tous" soupçonne le gouvernement, malgré les nombreux démentis, de vouloir étendre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes, à l'occasion du débat parlementaire sur la future loi sur la famille, et de chercher à légaliser la gestation pour autrui (GPA) avant la fin du quinquennat. ### Un "tea party" à la française ? "C'est toujours le même message, simplement on voudrait qu'il soit entendu. Le message, c'est la défense des droits de l'enfant et de la famille. Un enfant a droit à un père et une mère", a déclaré Michel Girard, un manifestant venu de l'Oise. Pour Séverine Chevrier, de Paris, "pas grand-chose n'a changé" depuis les grandes manifestations contre le projet de loi sur le mariage homosexuel avant son adoption le printemps dernier.
"la manif pour tous" à paris
"la manif pour tous" à paris © reuters
"M. Hollande ne nous écoute pas, ne veut pas dialoguer avec nous. En revanche, M. Valls a été très clair dans ses propos vis-à-vis de nous : il va tout faire pour nous faire taire mais nous on est dans notre bon droit, on a le droit de s'exprimer, on a le droit d'être dans l'opposition." Dans une interview au Journal du dimanche, le ministre de l'Intérieur a exprimé son inquiétude face au climat actuel, déclarant que l'on assistait "à la création d'un tea party à la française", une référence à l'aile ultra-conservatrice du Parti républicain américain. > S'engouffrant dans la crise de projet et de leadership de la droite, et face au recentrage du Front national, une droite conservatrice et réactionnaire s'est libérée. Avec l'opposition au mariage pour tous, elle a décuplé ses forces. (Manuel Valls) ### "La fronde des anti" Et Manuel Valls de dénoncer une "fronde des anti : anti-élites, anti-impôts, anti-Parlement, anti-journalistes", avant d'appeler la droite républicaine "à se démarquer clairement des mouvements qui n'acceptent pas la démocratie et les choix du Parlement". Côté UMP justement, plusieurs parlementaires ont été vus dans le cortège parisien. C'est le cas du député Henri Guaino. > Il y a une offensive idéologique en faveur de l'indifférenciation des sexes (Henri Guaino)
D'autres députés UMP, comme Claude Goasguen et Philippe Gosselin, ont défilé à Paris. Hervé Mariton figurait avec trois autres collègues au nombre des 15.000 à 20.000 manifestants venus de tous le Sud-Est pour défiler à Lyon. ### Important dispositif de sécurité, 18 interpellations Le Front national était aussi représenté par des élus à Paris, avec la députée Marion Maréchal-Le Pen, et à Lyon. Des représentants religieux, le cardinal Philippe Barbarin et le recteur de la grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane, étaient dans les premiers rangs du cortège dans la capitale des Gaules. Après les débordements du "Jour de colère", un important dispositif de sécurité a été mis en place, mobilisant 1.500 policiers à Paris, et 600 dans le centre de Lyon. La préfecture de police a fait état de l'interpellation, en marge de la manifestation, de 18 personnes, dont un dirigeant du GUD, un mouvement étudiant d'extrême droite, pour des contrôles d'identité. Une porte-parole a indiqué qu'une personne avait été en outre placée en garde à vue pour détention de fumigènes.
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