[scald=221083:sdl_editor_representation]TOKYO (Reuters) - Des milliers de manifestants ont défilé dimanche dans les rues de Tokyo en demandant au gouvernement nippon de renoncer à l'énergie nucléaire, à la veille du deuxième anniversaire du tsunami qui avait provoqué une catastrophe à la centrale atomique de Fukushima.

La totalité des 50 réacteurs nucléaires du Japon ont été fermés pour évaluation des risques après la catastrophe, et deux seulement ont été remis en service depuis lors. Mais la victoire électorale en décembre du Parti libéral-démocrate (PLD) et l'accession au pouvoir de Shinzo Abe inquiètent le camp des antinucléaires, car Abe est favorable à leur réouverture si elle ne présente pas de risque pour la sécurité.

La fusion de réacteurs à la centrale de Fukushima Daiichi, due à la panne du système de refroidissement, a entraîné l'évacuation de 160.000 habitants de la région et la mise en place d'une zone d'exclusion dans un rayon de 20 km autour de la centrale, et a contaminé durablement l'environnement terrestre, atmosphérique et maritime.

Cette catastrophe a déclenché des manifestations parfois importantes dans un pays où l'habitude n'est guère de descendre dans la rue pour afficher ses opinions.

Deux ans après la catastrophe, provoquée par un séisme exceptionnel, de magnitude neuf sur l'échelle de Richter, le Japon a toujours fort à faire pour remettre en état la région touchée, dans le Tohoku (nord-est de Honshu). Le séisme et le tsunami ont fait plus de 15.000 morts et des milliers d'autres personnes n'ont toujours pas été retrouvées.

"Il devient de plus en plus important pour nous de manifester. Je le fais pour mes enfants. On ne peut pas leur léguer ce chaos que représente l'énergie nucléaire", déclarait une Japonaise de 32 ans, mère de deux enfants, venue défiler devant le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie en scandant: "Halte au nucléaire! Protégez nos enfants!"

"Les gens et les médias commencent à oublier Fukushima et ce qui s'y est passé", déplorait cette manifestante.

Selon un sondage récent, 70% des Japonais sont partisans d'un abandon du nucléaire à terme. Une proportion équivalente soutient Shinzo Abe, alors même que celui-ci milite pour une relance des réacteurs à l'arrêt.

Mari Saito et Sophie Knight; Eric Faye pour le service français

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