[scald=98267:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Des manifestations et arrêts de travail contre l'austérité se déroulent ce mercredi en France à l'appel de cinq syndicats, en lien avec la mobilisation européenne voulue par la Confédération syndicale européenne (CES), sur le thème "trop, c'est trop !".

Les salariés sont invités à se mobiliser dans les 27 pays de l'Union à la veille d'un sommet européen qui doit entériner le traité visant à renforcer la discipline budgétaire au sein de l'Union européenne.

En France, une intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) a prévu environ 160 rassemblements et manifestations interprofessionnelles.

La CGT mise sur une centaine d'arrêts de travail dans les services publics, les transports, la construction ou l'énergie.

Dans les transports, la CGT cheminots a déposé un préavis de grève du mardi soir au jeudi matin à la SNCF, mais le trafic n'est que légèrement perturbé.

La liaison TGV Paris-Province fonctionne normalement, sauf sur l'axe Sud-Ouest, où les trains vers Tours, Bordeaux, Toulouse et Hendaye devaient subir quelques perturbations, et sur Paris-Nice

Concernant le trafic province-province, deux trains sur trois roulent en moyenne, alors que le trafic Transilien est légèrement perturbé, avec quatre trains sur cinq.

Pour les TER, le trafic devait être en moyenne de 3 trains sur 4 et, pour les trains Intercités de jour, le trafic prévu était en moyenne de 1 train sur 2.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, devait participer à la manifestation parisienne, prévue en début d'après-midi de la place de Bastille à celle de la Nation.

DIVERGENCES SYNDICALES

Celui de la CFDT, François Chérèque, s'est rendu pour sa part au rassemblement devant le Conseil de l'UE à Bruxelles.

Cette journée a été décidée sur fond de divergences entre la CGT, qui voulait s'opposer aux mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, comme la "TVA sociale", et la CFDT, hostile à toute action "à caractère politique" en pleine campagne électorale.

Pour parvenir à un accord, les confédérations ont situé cette journée dans le cadre de la mobilisation européenne, sans référence directe aux annonces du chef de l'Etat le 29 janvier.

Le "patron" de la CGT, Bernard Thibault, défend néanmoins l'idée d'une intervention syndicale en période électorale.

"Considérer que, dans la période, les syndicats doivent se mettre en retrait, c'est ouvrir un boulevard aux organisations patronales", a-t-il déclaré dans L'Humanité.

Sur France Inter, Bernard Thibault a estimé que "le choix de traité européen qui impose des restrictions budgétaires, un encadrement des politiques nationales pour des restrictions, nous mène à la récession".

"Il n'y aura pas de développement économique sur la base du moins-disant social", a-t-il dit.

Pour François Chérèque, "le slogan de la Confédération européenne des syndicats c'est 'trop c'est trop' : trop de plans de rigueur, trop de remise en cause des droits sociaux qui ne règleront pas le problème européen s'il n'y a pas parallèlement un investissement dans la relance économique".

"Il faut certes maîtriser les dépenses publiques mais on ne peut pas le faire sans relancer l'économie et aujourd'hui les politiques européennes nous amènent dans des difficultés extrêmes pour demain", a-t-il ajouté sur France 2.

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, a quant à lui justifié le retrait de sa confédération par la campagne présidentielle.

"Nous ne participons pas aux manifestations en France parce qu'il y a une période de campagne électorale et nous ne voulons pas qu'il y ait de confusion", a-t-il dit sur France info.

"Le rôle d'un syndicat n'est pas de donner des consignes directes ou indirectes de vote dans une campagne électorale", a-t-il ajouté, en visant sans le nommer Bernard Thibault.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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