Cyril Nauth, le maire de Mantes la ville
Cyril Nauth, le maire de Mantes la ville © Michel Euler/AP/SIPA

Cyril Nauth avait décidé de préempter l’ancienne trésorerie municipale, destiné à accueillir une Mosquée, pour installer le poste de police municipale. Une décision entachée d'"un détournement de pouvoir", selon le juge des référés qui a donné raison au Préfet des Yvelines

Le bras-de-fer qui oppose le maire FN et la communauté musulmane depuis plusieurs semaines. Cyril Nauth, comme l’association des musulmans de Mantes-Sud (AMMS) souhaitent récupérer les 300 m2 de l’ancienne trésorerie municipale. Le premier pour "renforcer la police municipale" en lui offrant des locaux plus vastes, les seconds pour aménager une salle de prière.

Le lieu avait été acheté par l'ancien maire PS

L’affaire a débuté fin 2013 : la municipalité PS de cette commune populaire de 20 000 habitants décide de racheter les lieux à la communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines pour les revendre à l'AMMS. L'association qui a réuni 600 000 euros pour racheter les locaux et y aménager une salle de prière.

Mais en mars 2014, le FN est élu face à une gauche déchirée, notamment sur le sujet de la mosquée. Deux mois plus tard, le maire Cyril Nauth sèche le rendez-vous chez le notaire pour signer la promesse de vente. La raison ? La proximité du futur lieu de culte avec un cimetière. Autres griefs : des problèmes de circulation et de stationnement", "l'absence de concertation" et en toile de fond, "une opération électoraliste" de sa prédécesseure, selon lui.

Le préfet des Yvelines conteste le projet de la nouvelle municipalité et saisit le tribunal administratif de Versailles

Le 29 juin, le conseil municipal vote la préemption de l'ancienne trésorerie municipale. Devant ce blocage, le préfet prend le dossier en main en suggérant à la communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines de vendre directement le local à l'association, ce que l'agglomération a autorisé en mai 2015. Pourtant, rien n'est fait.

Le préfet des Yvelines, Erard Corbin de Mangoux, en charge du dossier, a décidé de saisir le tribunal administratif de Versailles. Le juge des référés lui a donné raison vendredi. Le juge "a estimé, dans chaque affaire, que le moyen tiré du détournement de pouvoir était de nature à créer un doute sérieux sur leur légalité".

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