A l’Assemblée, le Premier ministre fait passer en force le texte contesté sur la réforme de la loi Travail.

Manuel Valls dégaine un second 49-3 sur la loi Travail
Manuel Valls dégaine un second 49-3 sur la loi Travail © Reuters / Philippe Wojazer

Le Premier ministre n’a pas peur des redites : pour la deuxième fois sur le dossier de la loi Travail, Manuel Valls invoque l'article 49-3 de la Constitution, qui permet d’adopter, faute de majorité, un texte à l’Assemblée, et d’engager ainsi la responsabilité de son gouvernement.

C’est la quatrième fois que le Premier ministre utilise le 49-3, en comptant aussi les deux recours à cet article, utilisés pour adopter la loi Macron en 2015.

Manuel Valls a justifié son geste face à la droite et les "frondeurs" de gauche, "une alliance des contraires, une alliance des conservatismes et des immobilismes" a-t-il critiqué.

"Cette alliance, c'est celle de ceux qui ne veulent rien changer »(…) Mon gouvernement est déterminé à avancer parce que les stratégies des uns et des autres (...) ne doivent pas bloquer le pays." - Manuel Valls, à la tribune de l'Assemblée

Dès mardi matin, pendant la réunion des députés socialistes, le Premier ministre avait prévenu qu’il prenait "ses responsabilités dans l'intérêt du pays", après quatre mois de contestation. Dans la rue, le mouvement se poursuivait encore avec une douzième journée de contestation menée par les syndicats, lors d’un défilé parisien organisé entre la place d’Italie et la place de la Bastille.

5 juillet : dernière mobilisation contre la loi Travail?
5 juillet : dernière mobilisation contre la loi Travail? © Radio France / Visactu

Réactions en chaîne à l'Assemblée

Dans les rangs de la droite, comme chez les frondeurs, ce deuxième recours à l’article 49-3 sur un même dossier a provoqué une bronca, avec diverses réactions dans chaque camp : une "nouvelle violence au peuple" pour le chef de file des frondeurs Christian Paul, ou "Stop à la mascarade", que "Valls se débrouille avec son champ de ruines", a lancé le patron des députés LR Christian Jacob, qui donne rendez-vous au Premier ministre « en 2017 ».

André Chassaigne (Front de Gauche) se voulait néanmoins "plutôt optimiste". "La radicalité de Manuel Valls va nous aider", a concédé le chef de file des députés Front de gauche, qui annonce avoir déposé une motion de censure

Pourtant après ce nouvel épisode, le projet de loi El-Khomri n'aura pas terminé son parcours: il lui reste à faire une brève navette avec le Sénat avant l'adoption définitive, probablement le 20 juillet par l'Assemblée. 

Loi Travail : le parcours du texte depuis sa présentation
Loi Travail : le parcours du texte depuis sa présentation © Radio France / Visactu
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