Manuel Valls à Orléans
Manuel Valls à Orléans © Radio France / Christelle Besseyre

Cela fait exactement deux ans, cette semaine, que Manuel Valls a pris ses fonctions à Matignon. Malgré une révision constitutionnelle abandonnée, une loi travail très contestée et une cote de popularité au plus bas, le Premier Ministre a tout de même défendu âprement son bilan.

Ce vendredi, Manuel Valls était en déplacement à Orléans pour une visite dans l’air du temps, sur le thème de l’emploi et de la formation.

Un geste vers la jeunesse qui bat le pavé

Lors d’une conférence de presse, Manuel Valls est revenu sur la journée de mobilisation de la veille contre le projet de loi El Khomri sur la réforme du Code du Travail, qui a rassemblé entre 390.000 et 1,2 millions de personnes. Le Premier Ministre s’est dit "prêt à regarder " les propositions des organisations étudiantes pour améliorer les politiques publiques vers la jeunesse, tout en excluant un retrait total du texte exigé par certains.

L'appel du pied de Manuel Valls à l'UNEF.

Manuel Valls recevra les syndicats étudiants et lycéens avant la mi-avril. Mais l’Unef appelle déjà à de nouvelles manifestations les 5 et 9 avril.

D’une anaphore à l’autre

Reprenant le célèbre "Moi, président " de François Hollande, alors encore candidat à la présidentielle, Manuel Valls a lui aussi choisir de se défendre, à Orléans, sous la forme d’une anaphore.

Manuel Valls et le "moi je" .

Moi je sais ce que j’ai fait : la mise en œuvre du pacte de responsabilité et de solidarité a permis aux entreprises de retrouver des marges et de la compétitivité. Je sais ce que j’ai fait : la baisse des impôts pour 12 millions de personnes des classes populaires. Moi je sais ce que j’ai fait : participer au succès de la COP21.

Tout en soulignant ses actions à Matignon depuis deux ans, Manuel Valls a assuré qu’un bilan se fait "à la fin ", et assure qu’il a encore "plusieurs mois d’action " devant lui. Mais s’il vise 2017, son chemin sera semé d’embûches.

La "malédiction de Matignon"

Si le Premier Ministre s’est employé à regarder son action depuis deux ans ce vendredi à Orléans, c’est peut-être parce que quand l'avenir est sombre, il vaut mieux vaut essayer de regarder le passé, quitte à l'enjoliver. Manuel Valls est aujourd’hui au cœur de l'enfer de Matignon : réforme constitutionnelle enterrée, loi El Khomri contestée, sondages en berne (il est le Premier Ministre le plus impopulaire au bout de 24 mois de toute la Vème République).

Par ailleurs, Manuel Valls est bloqué. Par François Hollande qui a la supériorité de la fonction, par Bernard Cazeneuve qui occupe placidement le créneau sécuritaire, et par Emmanuel Macron qui occupe placidement celui du social-libéralisme.

Manuel Valls se retrouve donc cantonné aux affaires courantes, d'où cette anaphore, tous azimuts, sur le pacte de responsabilité, la fiscalité, la COP21, la sécurité, la culture : un discours quasi-présidentiel pour un Premier Ministre qui découvre la malédiction de sa fonction.

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