Manuel Valls est en visite en Corse ce lundi. L’île est dirigée par les nationalistes depuis 2015. Leurs revendications se sont opposées à le fermeté du gouvernement.

Manuel Valls aux cotés de Jean-Guy Talamoni à l'assemblée de Corse ce lundi
Manuel Valls aux cotés de Jean-Guy Talamoni à l'assemblée de Corse ce lundi © Radio France / RCFM

A l’ordre du jour de cette visite du Premier ministre : des sujets qui fâchent comme l'amnistie des "prisonniers politiques" ou encore le statut de la langue corse.

Le déplacement du Premier ministre a été marqué par le discours de Manuel Valls. Il a de nouveau rejeté les demandes des nationalistes corses de rendre la langue corse "co-officielle" avec le français et de créer un statut favorable de "résident" sur l'île.

Il y a des lignes rouges, vous le savez. L'affirmation de l'identité corse ne passera pas par l'exclusion, la co-officialité de la langue ou le statut de résident, a déclaré le Premier ministre.

"La République a une seule langue officielle, le français, car elle est pratiquée par tous. Nous ne reviendrons pas bien sûr sur ce principe", même si elle "reconnaît, aussi, pleinement la langue corse, ciment de votre culture", a-t-il poursuivi.

Quelques mesures jugées insatisfaisantes

Le chef du gouvernement a toutefois annoncé plusieurs mesures en faveur de l'île de Beauté, dont la création d'une agrégation en corse, la mise en place d'une "chambre des territoires" à Bastia dans le cadre de la nouvelle collectivité unique de Corse, ainsi que sa volonté de "prolonger" des régimes fiscaux dérogatoires valables en Corse pour lutter contre la hausse des prix de l'immobilier local.

Le discours du Premier ministre n'a pas été à la hauteur de l'enjeu a réagi sur France Inter Gilles Simeoni, interviewé par Alain Passerel  ce lundi.

Hommage à Michel Rocard

Une minute de silence a été observée  par l'Assemblée de Corse en hommage à l'ancien Premier ministre Michel Rocard, mort samedi. Le président de l'Assemblée Jean-Guy Talamoni, a enjoint l'Assemblée à observer cette minute de recueillement, debout dans l'hémicycle.

Il s’agit du premier déplacement de Manuel Valls en tant que Premier ministre, qui entretient des rapports parfois tendus avec les nationalistes.

La Corse est dirigée par les nationalistes depuis les régionales de 2015
La Corse est dirigée par les nationalistes depuis les régionales de 2015 © Radio France / Visactu

Après son discours devant l'Assemblée de Corse à Ajaccio, il doit se rendre dans l'après-midi à Bastia, puis au cap Corse.

Manuel Valls est accompagné de plusieurs ministres, notamment Jean-Michel Baylet (Collectivités territoriales), Audrey Azoulay (Culture), Stéphane Le Foll (Agriculture), Christian Eckert (Budget), Emmanuelle Cosse (Logement) et Najat Valaud-Belkacem (Education).

Trois groupes de travail, consacrés à "l'avenir et au développement de la langue corse", à la "lutte contre la spéculation foncière et la fiscalité" et à la fusion des deux départements corses prévue au 1er janvier 2018, ont été créés par le gouvernement après les élections régionales.

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