Portrait | Depuis lundi soir Manuel Valls est candidat à la "présidence", une suite logique dans le parcours de celui qui avait déjà été candidat à la primaire de 2011

Manuel Valls pourra-t-il "tenir" le parti ?
Manuel Valls pourra-t-il "tenir" le parti ? © AFP / Jean Christophe VERHAEGEN

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé lundi soir depuis son fief d'Évry (Essonne) qu'il était "candidat à la présidence de la République", et qu'il démissionnerait de Matignon dès mardi pour se consacrer à la campagne pour la primaire du PS.

Manuels Valls c'est le loyal, l'homme à mentors, même s'il y a mentor et mentor et demi... Le premier c'est Michel Rocard auprès duquel il travaille à partir de 1988 est sans doute celui auquel sa vision politique doit le plus. Le Rocard revenu du PSU et de l'autogestion s'entend. Rocard qui sera contraint d'étouffer ses velléités présidentielles au profit de Francois Mitterrand.

Il y eut ensuite Lionel Jospin. Manuel Valls gère sa communication. Il est la main derrière le fax qui annonce à l'AFP en février 2002 sa candidature à l'élection présidentielle. Las, Le 21 avril on ne retiendra que les larmes.

Manuel Valls lui monte au PS, en 2007 il se range derrière Ségolène Royal. Mais l'astre échoue. Encore.

Manuel Valls joue sa propre carte en 2011, à la primaire face à un François Hollande jugé au départ falot, une Martine Aubry et un Arnaud Montebourg qui incarnent à ses yeux la gauche du passé. Il fera 5% et deviendra Premier Ministre suite à la démission de Jean-Marc Ayrault. La blague alors en vogue c'est "tu fais 5% tu es propulsé Premier Ministre, tu fais 17 tu fais marchand de meubles".

Manuel Valls, candidat, va devoir étoffer ses réseaux au PS

Il ne tient pas le parti, c'est une évidence. Un PS tiraillé depuis 2012 entre les hollandais les aubrystes et les frondeurs.

Les vallsistes historiques ce sont Carlos Da Silva, député de l'Essonne, Luc Carvounas, Sénateur du Val de Marne, Christophe Caresche député de Paris et les très enthousiastes Philippe Doucet à Argenteuil et Malek Boutih l'Essonne encore. Au gouvernement, Jean-Marie Le Guen, le ministre des relations avec le parlement ne s'est jamais caché, il l'a même écrit, que le candidat pour porter le social réformisme était Manuel Valls. Depuis quelques mois, on observe aussi quelques conversions, Pascale Boistard secrétaire chargée Etat aux personnes âgées par exemple. Il va falloir en convaincre plus pour que le risque devienne vraiment une chance.

Nous sommes le 6 avril 1982, Manuel Valls, militant PS, fait sa première télévision.

L'annonce et même la possibilité de la candidature de Manuel Valls a évidemment provoqué la réaction des alliés de circonstance au printemps 2014 pour renverser Jean-Marc Ayrault, et qui se retrouvent aujourd'hui adversaires à la primaire.

Le premier à tirer a été Arnaud Montebourg sur le thème du bilan : "François Hollande et Manuel Valls, c'est la même politique (...) celle qui n'a pas redressé le pays, celle qui a disloqué la gauche". Quant à Benoît Hamon, il a rappelé à Manuel Valls qu'il avait "théorisé les gauches irréconciliables. Il me semble qu'aujourd'hui il ne peut pas incarner l'avenir de la gauche".

C'est pourtant la mission que s'est assigné Manuel Valls : "aujourd'hui, j'ai une responsabilité: rassembler". La primaire qui s'ouvre est un formidable moyen pour recréer l'unité", a-t-il affirmé, lançant un appel "à tous les Français qui refusent l'extrême droite, qui refusent la régression sociale que propose François Fillon" à participer à la primaire organisée par le Parti socialiste, les 22 et 29 janvier.

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