Manuel Valls prend la place de Jean-Marc Ayrault à Matignon
Manuel Valls prend la place de Jean-Marc Ayrault à Matignon © Maxppp / Christophe Petit Tesson

Pas de surprise à la tête du futur gouvernement remanié, annoncé par presque tout le monde depuis la claque électorale des municipales. Dans une allocution vidéo, François Hollande a fait de Manuel Valls son nouveau Premier ministre.

C'est un discours (court) qui a conclu cette dernière journée pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le président de la République y a dit avant tout qu'il avait entendu le "message" des municipales. "Vous avez exprimé votre mécontentement et votre déception. Je suis venu vous dire que j'ai entendu votre message parce qu'il était clair", a assuré François Hollande.

Le message que vous m'adressez, je l'ai reçu personnellement, et je me dois d'y répondre. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s'est consacré avec courage et abnégation à cette tâche difficile. Je veux lui exprimer toute ma reconnaissance. Il est temps néanmoins de passer à une nouvelle étape.

Première conséquence : le changement de Premier ministre et, dans les heures qui viennent, la constitution d'un gouvernement "resserré, soudé, un gouvernement de combat ".

Que fera ce gouvernement ? Le président cite plusieurs priorité. La première, c'est de mener à bien le fameux pacte de responsabilité... Mais en l'adaptant un peu à ce nouveau contexte de mécontentement général. "Au pacte de responsabilité doit correspondre un pacte de solidarité ", convient François Hollande. Le "chèque en blanc aux patrons" dénoncé par ses opposants sera compensé par "une baisse légitime des côtisations des salariés ".

François Hollande a terminé son allocution avec "un message d'apaisement et de rassemblement."

La France souffre de ses divisions. Elle perd son énergie trop souvent dans de vaines querelles. [...] Le dialogue et le respect sont la meilleure méthode pour réunir les Français.

La folle dernière journée du gouvernement

Le Premier ministre sortant avait été longuement reçu dans la matinée par le président de la République à l'Élysée. Un entretien de deux heures où, on le sait désormais, le Premier ministre s'est vu confirmer son départ. Matignon l'a confirmé officiellement vers 18h, tout comme la démission de l'ensemble de son gouvernement.

► ► ► ÉDITION SPÉCIALE | Remanier pour mieux changer ?

À l'inverse, la rencontre hebdomadaire avec Manuel Valls avait été, elle, reportée. D'aucuns y voyaient déjà un signe de la décision à venir de François Hollande sur le successeur de son premier Premier ministre.

Les précisions à Matignon de Cyril Graziani

Consensuel à droite, conspué à gauche

Pour autant, l'arrivée de Manuel Valls à Matignon ne règle pas tout, loin de là. Source de dissensions depuis plusieurs semaines, elle a confirmé la fracture entre les partisans du ministre de l'Intérieur, réputé plus à droite que le gouvernement actuel, et ceux d'une politique réorientée à gauche, représentants d'Europe Ecologie-Les Verts en tête. Cécile Duflot et Pascal Canfin ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne participeraient pas au prochain gouvernement.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Le communiqué de Pascal Canfin et Cécile Duflot

La nomination de Manuel Valls "n'est pas la réponse adéquate aux problèmes des Français", expliquent-ils dans un communiqué. L'ancienne ministre du Logement n'a jamais caché son animosité envers Manuel Valls, notamment sur la question des Roms.

Bref la nomination de Manuel Valls envoie plusieurs messages...

Décryptage avec le politologue Pascal Perrineau (au micro d'Angélique Bouin)

Maire d'Évry et député de l'Essonne jusqu'en 2012, Manuel Valls faisait partie des candidats malheureux à la primaire socialiste d'octobre 2011, remportée par François Hollande dont il dirigea la communication pendant la campagne de 2012. Au lendemain de la victoire de la gauche à la présidentielle, il avait été nommé au ministère de l'Intérieur, un poste stratégique qu'il a conservé dans les deux gouvernements Ayrault successifs.

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