Déjà bouleversé lors de la présidentielle, le paysage politique parisien sort encore un peu plus chamboulé de ces élections européennes. C'est dans les bastions traditionnels de la droite que LREM obtient ses meilleurs scores, quand EELV sort en tête dans les quartiers populaires du nord-est.

La liste de Nathalie Loiseau est arrivée en tête dans seize arrondissements, et en seconde position dans les quatre autres
La liste de Nathalie Loiseau est arrivée en tête dans seize arrondissements, et en seconde position dans les quatre autres © AFP / Ludovic Marin

Comme au premier tour de la présidentielle 2017, La République en Marche s'impose très largement dans cette élection européenne à Paris, dans un contexte d'abstention moindre qu'au niveau national (42,12% contre 49,88%). En tête dans 16 des 20 arrondissements de la capitale, il se place deuxième dans les quatre autres. Les écologistes eux sont premiers ou second dans 17 arrondissements. Il faut aller dans les places fortes historiques de la droite pour voir Les Républicains pointer en deuxième position. Partout, le PS, le PC et la France insoumise sont balayés. Le Rassemblement national reste quasi-inexistant

LREM réitère son succès de 2017

Aucun arrondissement de la capitale n'a pu échapper à la vague macroniste qui est venue une nouvelle fois bousculer le paysage politique parisien. Comme lors de la présidentielle, la majorité emporte une très grande majorité des arrondissements, 16 sur 20, et se place en deuxième position dans ceux qui lui échappent. 

Une nette différence toutefois : alors qu'en 2017 les bastions socialistes avaient offert à Emmanuel Macron ses plus beaux scores, c'est cette fois sur les terrains gardés de la droite que LREM est allée puiser ses voix. Ainsi, la liste de Nathalie Loiseau s'adjuge plus de 40% des voix dans les 6e, 7e, 8e et 16e, et dépasse les 35% dans le 17e, alors que ces arrondissements avaient placé en tête François Fillon en 2017.

En revanche, dans les arrondissements de l'est parisien, la tendance est inverse : dans le 11e arrondissement par exemple, où Emmanuel Macron avait obtenu 38,8% des voix en 2017, la liste LREM perd 10 points à 28,6%. Dans le 10e arrondissement, la majorité est reléguée en deuxième position, et se contente de 27%, contre 37,7% il y a deux ans.

Les écolos récupèrent les quartiers populaires

Le vote écologiste a beau être traditionnellement plus fort à Paris que dans le reste du pays, EELV réalise une performance dans la capitale. En tête dans quatre arrondissements, il pointe en deuxième position dans 13 autres, et doit se contenter de la troisième place dans les trois arrondissements les plus à droite. Seule l'élection européenne de 2009 avait été plus faste encore pour les Verts.

Pour ces élections européennes, la liste de Yannick Jadot semble récupérer une grande partie des électeurs d'Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Ainsi, c'est dans les 10e, 11e et 18e arrondissements qu'elle réalise ses meilleurs scores, avec plus de 25%, et elle arrive en tête avec plus de 23% dans les 19e et 20e, qui s'étaient donnés au leader de la France Insoumise.

La droite humiliée, même dans ses bastions

Si on ne peut même plus compter sur le 16e arrondissement... C'est historique : la droite n'arrive en tête dans aucun arrondissement parisien ! Même ses terres les plus fidèles lui échappent. En 2017 François Fillon était arrivé en tête dans cinq arrondissements, dépassant même les 50% dans les 7e, 8e et 16e arrondissements

Si la liste de François-Xavier Bellamy sauve l'honneur en s'y plaçant en deuxième position, c'est au prix d'une division par plus de deux du score des Républicains à la présidentielle. De 58,5% dans le 16e arrondissement, elle n'en récolte plus que 24,2%, 21,7% contre 52,7% dans le 7e, et tombe même sous les 20%, à 19,4% dans le 8e, contre 50,5% en 2017.

Partout ailleurs, la liste Les Républicains est balayée, ne dépassant les 10% que dans les 6e, 15e et 17e arrondissements, et tombant parfois sous la barre des 5% comme dans les 10e, 18e, et 19e arrondissements.

Les autres forces de gauche quasiment inexistantes

Ce sont les trois portés disparus de ce scrutin à Paris : le Parti socialiste, le Parti communiste et La France Insoumise ont été emportés par la vague écologiste. La gauche est traditionnellement forte dans les arrondissements de l'est parisien, dont deux, le 19e et 20e, avaient placé Jean-Luc Mélenchon en tête en 2017, mais ces trois listes ne passent nulle part la barre des 10%, à trois exceptions près. Dans les 10e, 11e et 20e arrondissements, la liste PS-Place publique de Raphaël Glucksmann se hisse péniblement à 10,21%, 10,57% et 10,43% respectivement.

La curiosité du scrutin

Elle nous vient du 1er arrondissement, marqué à droite. S'il a placé la liste LREM en tête avec 28,30% et celle d'EELV en deuxième position avec 14,30%, il relègue la droite en cinquième place avec 7,20%. En troisième et en quatrième, ce sont... la France Insoumise et le Rassemblement national. Les deux mouvements y obtiennent leur meilleur score dans la capitale : 13,65% pour la liste de Jordan Bardella, et 9,6% pour la liste de Manon Aubry. 

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