Lundi soir, Manuel Valls a invoqué Marianne qui "n'est pas voilée parce qu'elle est libre". Une sortie qui lui a valu un rappel à l'ordre historique venu des réseaux sociaux.

Marianne a plusieurs représentations (illustration)
Marianne a plusieurs représentations (illustration) © AFP / Denis Charlet

Marianne, la mère nourricière de la République, aurait le sein nu et pas de voile parce qu'elle est libre ? C'est en tout cas ce qu'a affirmé Manuel Valls, lundi soir à Colomiers, près de Toulouse. Lors du meeting de rentrée de la majorité, le Premier ministre a invoqué l'un des symboles de la République comme élément de son argumentaire contre le burkini, sans jamais citer explicitement celui-ci.

"Marianne, le symbole de la République, elle a le sein nu parce qu'elle nourrit le peuple ; elle n'est pas voilée, parce qu'elle est libre. C'est ça la République". 

Invitée ce mardi matin sur France Inter, la députée de Paris (EELV) Cécile Duflot a réagi à cette sortie, déclarant que le Premier ministre "aurait mieux fait d'en rester à son discours écrit, parce que quand il se lance dans des digressions il se prend les pieds dans le tapis".

"Ce qui se joue est l'image qu'on veut donner de la République, pas des femmes"

Avant Cécile Duflot, ce sont les réseaux sociaux qui dès lundi soir ont relevé cette phrase du Premier ministre, et l'ont décortiquée. L'historienne des révolutions Mathilde Larrere a notamment recadré (virtuellement) le chef du gouvernement en rappelant les origines de Marianne, qui "a le sein nu parce que c'est une allégorie".

En réalité, au cours des décennies, la poitrine de Marianne n'a pas toujours été dénudée. Selon cette utilisatrice de Twitter, au XIXe siècle, "progressivement, deux images de Marianne co-existent et sont concurrentes, car il y a deux conceptions de la République :  il y a la Marianne sage, cheveux attachés, seins couverts, pas d'arme, sagement assise ; et la Marianne révolutionnaire, cheveux détachés, bonnet phrygien, poitrine découverte, combattante et armée. La première est la Marianne des républicains libéraux conservateurs, la seconde celle des radicaux révolutionnaires".

"Evidemment, tout ce qui se joue là est l'image que l'on veut donner de la République, et pas du tout ce que l'on veut dire des femmes", conclut Mathilde Larrere dans sa série de messages. Et forcément, cette sortie en a aussi amusé certains, qui ont aussi tourné ses propos en dérision.

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