Le site Hiya! rapporte que la plus grande Marianne de France, la fresque peinte à Paris par le street-artist Obey, a été détournée dans la nuit de dimanche à lundi 14 décembre. Un collectif anonyme a barré la devise "liberté, égalité, fraternité", pour écrire "Marianne pleure". Un geste politique.

"Liberté, Égalité, Solidarité, toujours. Parlons de réel, même s’il vous terrifie", écrit le collectif responsable du détournement de la Marianne d'Obey
"Liberté, Égalité, Solidarité, toujours. Parlons de réel, même s’il vous terrifie", écrit le collectif responsable du détournement de la Marianne d'Obey © Hiya!

Des larmes de sang qui coulent sur les joues de la célèbre Marianne peinte par le street-artist Obey. Voilà ce que peuvent voir depuis ce lundi matin les habitants du 13e arrondissement de Paris. Le site Hiya! publie une photo de cette gigantesque fresque sur un immeuble à l'angle de la rue Nationale et du boulevard Vincent Auriol.

Cette Marianne, ô combien symbolique quand on sait qu'Emmanuel Macron possède une réplique de cette œuvre, offerte par l'artiste lui-même, dans son bureau à l'Élysée (on a pu la voir lors de plusieurs allocutions ou interviews), pleure désormais des larmes de sang. Elles coulent généreusement sur son visage.

En bas de l'œuvre où figurait la devise républicaine "liberté, égalité, fraternité", les mots ont été remplacés par "Marianne pleure".

"Résistance citoyenne et artistique"

Hiya! explique que le collectif anonyme responsable du détournement lui a envoyé lundi au petit matin une photo de l'œuvre ainsi qu'un texte de revendication. Il fait suite à l'appel à la création relayé quelques jours auparavant par Hiya!, dans le sillage du mouvement Concorde qui appelait à "la résistance citoyenne et artistique" pour dénoncer, rappelle Hiya!, "les violences policières, les détournements de la laïcité et les inégalités en tout genre".

Dans un court manifeste transmis à Hiya!, les graffeurs, qui signent LREM-NRV, écrivent :

"Agitez vos drones, zappez entre vos caméras, la seule chose que vous verrez c’est nos majeurs depuis les toits de la ville, de la peinture plein les fringues. Vous êtes les maris violents des valeurs que vous prétendez défendre."

"Ouvrez donc les yeux", lance également le manifeste, faisant allusion notamment à la proposition de loi sécurité qui continue de mobiliser les manifestants.

Ce détournement n'a pas fait sourire la mairie du 13e. Sur twitter, le maire de l'arrondissement a déclaré qu'il étudierait avec le street-artiste Obey les suites à donner à ce qu'il nomme une "oeuvre dégradée".

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