[scald=113717:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a dénoncé mercredi le "chantage" de François Fillon, qui a estimé que l'élection du socialiste François Hollande à la tête de la France relancerait la spéculation contre l'euro.

Lors d'un meeting mardi soir à Versailles (Yvelines), le Premier ministre a dramatisé l'enjeu de la présidentielle à la suite d'une nouvelle alerte sur les marchés financiers européens, qui ont dévissé.

"Nous venons depuis plusieurs mois de nous mobiliser pour stopper une immense spéculation, nous avons réussi à stopper cette spéculation car nous avons pris les mesures nécessaires", a souligné le chef du gouvernement mardi soir.

"Si jamais demain, au lendemain du 6 mai, la France remettait en cause cet engagement, si la France disait 'non, je prendrai une année de plus ou je ne le ferai que s'il y a de la croissance', à cette minute-là, la spéculation contre la monnaie européenne reprendrait de plus belle, sauf qu'il n'aurait plus personne pour l'empêcher", a-t-il dit.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, favori des sondages, fixe à 2017 le retour à l'équilibre des finances publiques françaises; le président sortant, Nicolas Sarkozy, s'assigne 2016 pour objectif.

Pour Marine Le Pen, candidate du Front national, il est "assez incroyable que le Premier ministre use d'un tel chantage".

"Les marchés financiers pourraient donc sanctionner le peuple français en fonction de son choix? Mais quel aveu de la part du Premier ministre!", a-t-elle lancé sur France 2.

"Qu'on en arrive à menacer la France d'une action des marchés financiers pour empêcher telle ou telle élection, à ce moment-là, que M. Fillon dise clairement qu'il a remis les clés de la France à d'autres mais qu'il ne soit pas au soutien d'un candidat à la présidentielle", a commenté la présidente du FN.

"Je trouve quand même que c'est un aveu absolument spectaculaire au cours de cette campagne, et j'espère que cet aveu va ouvrir les yeux des Français sur la situation de dépendance de notre pays à ce que j'ai appelé le 'fascisme doré'", a-t-elle poursuivi.

"Eh bien moi, je vais arracher ce pouvoir aux marchés financiers et je vais le rendre au peuple", a affirmé Marine Le Pen.

Sophie Louet

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