[scald=68605:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a remercié lundi Claude Guéant d'avoir reconnu que la France accueillait chaque année 200.000 étrangers en situation régulière, un chiffre que le ministre de l'Intérieur entend baisser de 10% par an.

"Merci à Claude Guéant qui, par ses déclarations, permet aux Français de connaître l'effroyable bilan de la politique d'immigration de Nicolas Sarkozy", a ironisé la présidente du Front national dans un communiqué.

Selon elle, le chiffre de 200.000 est "80% plus élevé qu'en 2000 sous Lionel Jospin (114.000)", ce qui confirme à ses yeux que Nicolas Sarkozy "est le président de l'immigration".

"Tout le monde a compris que ce gouvernement est en campagne électorale: l'heure est donc aux grands discours et aux promesses. Il n'a rien fait pendant quatre ans et demi, il ne fera évidemment rien pendant les quelques mois qui nous séparent du scrutin", ajoute-t-elle.

Après avoir annoncé une réforme limitant le droit d'asile, Claude Guéant repart à l'offensive sur l'immigration en dépit des critiques de la gauche l'accusant de chasser sur les terres du Front national.

Le ministre a confirmé dimanche qu'il entendait limiter l'immigration légale en agissant notamment sur le regroupement familial ou le recrutement des étrangers, dont les étudiants en fin de cycle.

La France accueille chaque année 200.000 étrangers en situation régulière et "c'est trop", a-t-il dit au "Grand Rendez-vous" d'Europe 1, i> Télé et Le Parisien en précisant qu'il entendait diminuer cette immigration de 10% par an.

Il s'est dit sur ce point d'accord avec Marine Le Pen. "Moi aussi je trouve que c'est trop. Pourquoi est-ce trop ? Parce que je souhaite comme le gouvernement, comme le président de la République, que les étrangers qui viennent chez nous soient intégrés, adoptent nos lois, adoptent notre mode de vie", a-t-il dit.

Claude Guéant a également annoncé qu'il comptait cibler les étrangers dans la lutte contre la fraude sociale.

Il a ainsi précisé qu'à partir de janvier 2012 les fichiers des étrangers résidant en France et de la Sécurité sociale seraient croisés.

"Tous les ministres doivent prendre leur part" à la lutte contre la fraude, a-t-il expliqué, la sienne portant sur "les mesures spécifiques aux étrangers".

Il a pris pour exemple le versement des allocations familiales, soumis à une condition de résidence sur le territoire.

"Il y a un certain nombre, que je ne peux pas chiffrer, de ressortissants étrangers qui résident régulièrement sur notre sol et qui touchent des allocations familiales pour des enfants qui ne vivent pas en France", a-t-il affirmé.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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