C'est une campagne invisible, qui ne rapportera aucune voix à Marine Le Pen, mais sans doute un peu de pouvoir en Europe. La présidente du RN était récemment en République Tchèque et en Bulgarie, elle est en Slovaquie ce lundi et mardi en Estonie, pour garder la main dans le camp eurosceptique et tisser sa toile.

Lors de son voyage à Sofia, Marine Le Pen la participé à une réunion avec le petit parti bulgare "Volya"
Lors de son voyage à Sofia, Marine Le Pen la participé à une réunion avec le petit parti bulgare "Volya" © AFP / Dimitar DILKOFF

Paris-Vienne. Vienne-Bratislava. Bratislava-Vienne. Vienne-Riga. Riga-Tallinn. Tallinn-Franckfort. Franckfort-Paris. Voici l’impressionnant plan de vol de Marine Le Pen pour ces prochaines 48 heures. À moins de deux semaines des élections européennes, la présidente du RN ne ménage pas ses efforts pour passer quelques heures en Slovaquie et en Estonie.  Que va-t-elle y chercher ? D'abord, de nouveaux alliés. 

Rallier les Hongrois et les Polonais

La députée du Pas-de-Calais veut garder la main dans le camp eurosceptique, ne pas disparaître derrière "son ami" Matteo Salvini, qui, avec sa casquette de vice-Premier ministre italien, n'a aucun mal à dialoguer avec le leader hongrois Viktor Orban ou le Polonais Jaroslaw Kaczynski, patron du parti au pouvoir dans le pays. 

"Pour espérer rallier les Hongrois et les Polonais, il faut une puissante dynamique, assure Nicolas Bay, député européen du RN. Et il faut donc décrocher le maximum d'alliés possibles." Tant pis si l'un est bien plus libéral que le RN, et l'autre très critique à l'égard de Moscou. Marine Le Pen s'en moque, persuadée que le discours anti-Bruxelles et anti-migrants l'emporte et permette de constituer le plus grand groupe possible au soir du 26 mai. 

Le RN rêve de réunir une centaine de députés nationalistes (sur les 751 sièges) alors qu'ils sont aujourd'hui 36, le plus petit groupe au Parlement européen. Le parti espère réunir 12 à 14 nationalités différentes (il en faut au moins sept pour constituer un groupe). 

Des ministres estoniens

En Estonie, Marine Le Pen va s'afficher aux côtés du tout nouveau ministre de l'Intérieur, Mart Helme. Le président du Parti populaire conservateur vient de décrocher sa place dans un gouvernement dirigé par le centriste Juri Ratas. Et il sert aussi de passerelle vers le parti des Vrais finlandais et le parti du Peuple danois, qui ont aussi récemment rejoint le duo Salvini-Le Pen. 

Et cette visite en Estonie est aussi bien vue par le voisin polonais du PiS, principal cible en vue. Pour l'instant, le PiS n'est pas prêt à abandonner son groupe européen. "Tant que les conservateurs britanniques siègent avec eux, ils voudront garder la main", prédit un membre du RN. 

À Bratislava, la patronne du RN va s'associer avec le parti "Sme Rodina", littéralement en slovaque "pour notre famille". Un parti conservateur proche du Fpö autrichien, "qui espère bientôt rentrer au gouvernement", selon un conseiller de Marine Le Pen.

Mais ces deux nouveaux alliés ne rapporteront que deux ou trois sièges à Strasbourg, puisqu'ils proviennent de petits pays. Et c'est la même chose avec la République Tchèque, la Bulgarie, la Finlande ou encore le Danemark. Les grosses délégations resteront françaises et italiennes, suivies par les Allemands de l'AFD et les Espagnols de VOX. 

Tout ce petit monde nationaliste se retrouvera samedi 18 mai à Milan pour un grand meeting en plein air, autour de leur nouvelle figure tutélaire : Matteo Salvini, qui veut en faire une démonstration de force à l'échelle européenne.

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