Marine Le Pen lance, ce dimanche 13 janvier, sa campagne des Européennes avec un rassemblement à la Mutualité à Paris. La présidente du Rassemblement national promet déjà le grand soir et rêve d'une majorité eurosceptique à Bruxelles. Est-ce possible ? Que disent les sondages à l'échelle européenne ?

Marine Le Pen au Parlement européen en novembre 2016
Marine Le Pen au Parlement européen en novembre 2016 © AFP / Frederick Florin

En France, tout semble sourire à Marine Le Pen. Son parti est en tête des sondages depuis la crise des "gilets jaunes". Et en Europe, ses alliés semblent aussi en plein forme. "C'est l'histoire avec un grand H qui va s'écrire au mois de mai prochain", proclamait-elle à Rome, en octobre dernier.

Mais, hors micro, ses amis le reconnaissent : le RN et ses alliés n’arriveront pas en tête au soir des européennes. Car les partis de droite restent favoris dans une douzaine de pays, et notamment en Allemagne. C’est donc le PPE qui devrait garder la main, avec environ 180 députés, selon les estimations du Parlement européen. C'est ce qu'explique le président du Mouvement européen en France, Yves Bertoncini :

"Les eurosceptiques, les europhobes, l’extrême droite ne peut pas gagner les élections européennes. Le PPE, les conservateurs, les démocrates-chrétiens arriveront en tête" (Yves Bertoncini, président du Mouvement européen en France)

L'objectif pour le RN n'est donc pas d'obtenir la majorité à Strasbourg : c'est impossible. Depuis sa création, le Parlement européen ne fonctionne qu'avec des coalitions, souvent entre droite et gauche, entre le PPE et le PSOE.

Les eurosceptiques veulent, en revanche, gagner la bataille des idées, faire bouger la droite traditionnelle. Et pour cela, Marine Le Pen compte sur son ami, le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini. C’est lui qui est à la manœuvre, et qui tente de réunir tous les eurosceptiques sous une même bannière, du Hongrois Orban au Polonais Kachinsky, des Allemands de l’AFD aux Vrais Finlandais. Ils sont aujourd’hui disséminés dans quatre groupes politiques.

Former un seul et même groupe, avec potentiellement 150 députés, serait une puissante démonstration de force, une arme pour tenter de bloquer des votes stratégiques. Ils deviendraient acteurs, et non plus simple observateurs. Mais pour y arriver, il faudrait énormément de diplomatie, d'arrangements et de compromis... Ce qui n'est clairement pas dans la culture de ces partis.

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