Sur l'île, la présidente du RN joue à fond la carte anti-immigration. Elle s’est rendue, mardi, sur l’ilot de T’Msamboro, l’un des principaux points de passage des migrants comoriens. Un coup de comm’ comme elle les aime.

Marine Le Pen en visite à Mayotte.
Marine Le Pen en visite à Mayotte. © Radio France / Maxence Mambrecq

La visite, très symbolique, rappelle celle qu’elle avait effectué sur l’île italienne de Lampedusa en 2011. Cette fois, le décor est plus paradisiaque, mais les migrants quasi-invisibles. "Ici, il pourrait y avoir un hôtel 4 étoiles", lance Marine Le Pen en accostant. Au pied des palmiers, sur le sable brûlant, on trouve pour l’instant des cabanes en tôle et quelques sacs poubelles.

Cet îlot de deux kilomètres carrés se trouve tout au nord de Mayotte, et il constitue donc la porte d’entrée, le point de passage des migrants venus des Comores, situés à une soixantaine de kilomètres.

Marine Le Pen a voulu emmener ici la presse pour appréhender la géographie mahoraise mais surtout pour jouer aux gardes-frontières. "Il suffirait, dit-elle, de mettre une frégate, un peu plus loin, avec un radar pour pouvoir intercepter les bateaux qui arriveraient". Au moment, où elle tient ses propos, deux navettes de la gendarmerie sillonnent les eaux turquoises, et un hélicoptère survole la zone.

"Ce n’est pas un hasard", réagit-elle. Marine Le Pen est persuadée que cet impressionnant dispositif de contrôle a été uniquement mise en place pour sa venue, et pour qu’elle évite de croiser des migrants.

Plus de 60.000 interpellations l'an dernier

"Dès qu’ils entendent l’hélicoptère, les migrants se cachent dans les hauteurs", confirme une Mahoraise, assise sur la plage. "Le jour, ça ne sert pas à grand-chose, ajoute-t-elle. Les débarquements ont lieu la nuit."

Marine Le Pen échange avec des habitants de l'îlot
Marine Le Pen échange avec des habitants de l'îlot © Radio France / Maxence Lambrecq

Marine Le Pen conclut : "On ne se donne pas les moyens d’arrêter cette voie, qui est pourtant quasi unique, 97% des clandestins qui arrivent à Mayotte passent par ici, c’est donc relativement simple d’organiser la protection de l’île contre l’arrivée régulière de clandestins." 

À Mayotte, l’an dernier, il y a eu plus de 60.000 interpellations dans cette zone. "Mais les policiers me disent qu’ils revoient toujours les mêmes, ajoute Marine Le Pen. On a le sentiment que tout est fait pour que la lutte contre l’immigration clandestine soit inefficace, inefficiente."

Emmanuel Macron pourra répondre à toutes ces accusations, puisqu’il se rendra lui aussi à Mayotte, en juin prochain. Il n’avait fait qu’un saut de puce sur l’île pendant la campagne présidentielle.

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