L'année 2017 a démarré fort pour la présidente du FN qui peut enfin croire à une victoire à l'élection présidentielle 2017. Mais son échec marque le début d'une violente chute pour le parti.

Marine Le Pen
Marine Le Pen © AFP / LUDOVIC MARIN

En 2016, Marine Le Pen disparaît du paysage médiatique. Raréfier la parole pour se bâtir une image de présidentiable. Plutôt réussi, début 2017, elle caracole en tête des sondages. Avec sa jambe droite identitaire incarnée par sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, et sa jambe gauche sociale souverainiste avec Florian Philippot, la patronne du FN semble solide et part même en campagne dès janvier, avant tout le monde. 

Elle est en plus servie par l’actualité : crise des migrants, terrorisme, implosion de la gauche, effondrement de François Fillon. Sur le terrain, dans ses déplacements de campagnes, quelques tensions à Nantes ou en Bretagne, mais globalement, la normalisation a fonctionné, elle ne se heurte plus à de véritables oppositions à coup de manifestations, comme par le passé.

Dans les grandes villes de France, ses meetings sont bien remplis. Elle s’offre aussi des réunions publiques au milieu des ballots de paille, pour parler à la France périphérique, rurale, celle des oubliés, comme elle dit. 

À vouloir faire le grand écart, Marine Le Pen trouve son électorat

Mais à vouloir faire le grand écart avec un FN "ni de droite, ni de gauche", Marine Le Pen se perd un peu, trouble son électorat, qui l’attend radicale sur l’immigration ou l’islam, plutôt que sur la sortie de l’euro. 

Et puis déboule l’OVNI Macron, qui vient enrayer la machine et fini par lui rafler la première place au premier tour de la présidentielle. 

Avec 20 points de retard dans les sondages, Marine Le Pen n’a rien à perdre alors pour le second tour, elle repart à l’attaque, va défier Emmanuel Macron à l’usine Whirlpool d’Amiens, fait les yeux doux aux Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, fait même sauter le plafond de verre grâce à une alliance avec Dupont-Aignan : le peuple contre le système, les élites et son jeune candidat prodige. 

Le crash a lieu le 3 mai. Débat de l’entre deux tour, Marine Le Pen se fait enfumer par une fausse fuite dans la presse et par son entourage. Il la convainc que si elle tape fort d’entrée de jeu, Emmanuel Macron ne jouera pas les punching-ball et quittera le plateau. Dont acte, devant 16 millions de français assis devant leur télévision, elle tire à boulet rouge dès l’ouverture, use ses cartouches en quelques minutes.

Mais son adversaire ne part pas et Marine Le Pen se déstabilise. Elle mélange ses dossiers, s’embrouille sur la sortie de l’euro, s’agace, s’énerve. La candidate redevient agressive, perd sa crédibilité. Même sur ses thèmes de prédilection, comme l’immigration ou la sécurité, elle laisse son adversaire la devancer. Dans son camp, militants, adhérents et sympathisants sont effondrés. 

Désillusion totale. 

Même si dans les urnes, elle ramasse 11 millions de voix, un mois plus tard, aux législatives, elle fait autant que son père 15 ans plus tôt. 

Départs et affaires judiciaires

Marion Maréchal Le Pen quitte alors le navire, elle qui a avalé tant de couleuvres et d’humiliations de son concurrent Florian Philippot. 

Lui tiendra l’été, avant d’être poussé par-dessus bord. 

Marine Le Pen promet alors une grande refondation, tente de relancer une tournée des fédérations, de ré-impliquer les militants avec un questionnaire de la refondation censé permettre au FN de se relancer avec le congrès prévu en mars 2018, à Lille. 

Mais aujourd’hui, elle est surtout très seule, isolée, avec des affaires judiciaires qui hypothèquent son avenir. On la dit même déprimée.

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