[scald=90047:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La présidente du Front national, Marine Le Pen, a lancé dimanche un nouvel appel aux maires de France pour obtenir les 500 parrainages nécessaires à sa candidature à l'élection présidentielle, accusant "le système" de chercher à écarter la "seule véritable opposition" de France.

Le Journal du Dimanche évoque dans son édition du 5 février le scénario d'une absence de la candidate d'extrême droite à l'élection présidentielle, avec en Une ce titre : "Si elle n'est pas là..."

Une enquête Ifop montre que cette hypothèse profiterait au président sortant Nicolas Sarkozy, placé dans ce cas à égalité d'intentions de vote au premier tour (33%) avec le candidat socialiste François Hollande, favori du scrutin. Le taux d'abstention atteindrait 22%.

Marine Le Pen, qui réclame l'anonymat des parrainages pour éviter d'éventuelles pressions, avait saisi le Conseil d'Etat d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur le système des parrainages présidentiels en France, une requête validée et transmise au Conseil constitutionnel qui se prononcera sur le sujet d'ici au 22 février.

La date-limite de dépôt des parrainages - 500 signatures d'élus provenant d'au moins 30 départements différents - est fixée au 16 mars.

Marine Le Pen affirme disposer pour l'heure de 350 promesses de signature, ce que l'UMP dénonce comme "un bluff".

"Ça ne leur suffit pas de tenter de nous empêcher d'avoir un candidat à l'élection présidentielle. De surcroît, ils sont en train de laisser croire aux maires de petites communes que nous sommes des menteurs. Ce sont eux les menteurs!", a lancé la dirigeante du FN lors d'un meeting à Toulouse.

Marine Le Pen, qui dénonce régulièrement le système "UMPS", visait dans ses attaques "ceux qui nous gouvernent depuis trente ans", droite comme gauche, "une clique" qui "déchire" la Constitution.

"MINABLES SONDAGES"

"Ce n'est pas moi qu'ils veulent empêcher d'être présente à l'élection présidentielle, c'est vous peuple de France", a-t-elle lancé, brandissant un exemplaire du JDD.

"Est-ce que vous voteriez pour Nicolas Sarkozy, est-ce que vous voteriez pour François Hollande?", a-t-elle alors lancé sous les "Non!" et les sifflets du public.

"Voici messieurs, la réponse du peuple de France à vos minables sondages, à vos minables manipulations", a ajouté Marine Le Pen.

"Je ne suis pas prête de me laisser faire. Je vais avec vous me battre jusqu'au bout parce que je porte l'espérance de la seule véritable opposition que existe dans ce pays", a-t-elle poursuivi sous les applaudissements.

Marine Le Pen a lancé un message "à tous les maires de France" : "Vous n'avez pas le droit de tourner la page de la démocratie dans notre pays."

Comme le Premier ministre François Fillon jeudi dernier, le ministre UMP de l'Economie et des Finances, François Baroin, a accusé la candidate de pratiquer le bluff.

"Son père (Jean-Marie Le Pen) faisait exactement la même chose", a-t-il dit dimanche dans le cadre du "Grand Rendez-Vous" Europe 1-Le Parisien-i-télé.

"Pourquoi M.(Jacques)Cheminade, qui est quand même inconnu au bataillon, dit qu'il a ses signatures et pourquoi Mme Le Pen ne les aurait pas?", s'est-il interrogé. "On a une loi, qu'elle se débrouille toute seule avec ses amis."

Le ministre UMP de la Défense, Gérard Longuet, a estimé que les élus ne voulaient pas lui accorder leurs signatures "parce qu'elle dit des choses absurdes".

Marine Le Pen "dit des choses difficiles et inacceptables que des maires élus au suffrage universel ne veulent plus endosser", a-t-il estimé sur RTL.

Sophie Louet

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.