[scald=101727:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a dénoncé jeudi à l'occasion de la journée de la femme une régression des droits liée, selon elle, au communautarisme et réaffirmé sa position contestée contre "l'avortement de confort".

La candidate du Front national, qui veut être "la présidente des crèches", dit également vouloir s'attaquer au manque criant de places en mettant en place une "loi SRU" s'inspirant de celle en vigueur pour les logements sociaux.

Le but serait d'obliger les collectivités locales de plus de 3.500 habitants à créer un quota de places de crèche, car "des femmes ne peuvent pas travailler parce qu'elles n'ont pas de place pour leur enfant".

"Une place de crèche coûte environ 20.000 euros par an tout compris. C'est une dépense prioritaire, légitime", a-t-elle dit, lors d'une conférence de presse, soulignant qu'il y avait un déficit de 500.000 places de crèches en France.

Marine Le Pen, qui a lancé plusieurs débats liés à l'immigration sur les prières de rue ou la viande halal, dit vouloir briser un nouveau tabou en dénonçant les "mariages forcés", qu'elle s'engage à combattre si elle est élue.

Selon elle, le "communautarisme et le fondamentalisme" qui existent en France aboutissent à une "régression des droits des femmes" à travers "l'excision, les mariages forcés, les pressions morales".

Elle estime que sa proposition d'inscrire dans la Constitution "la République ne reconnaît aucune communauté" constituera "probablement la plus grande avancée en matière de défense du droit des femmes depuis des décennies".

La dirigeante du FN, qui entend cultiver une image de modernité, s'est attirée des critiques sur l'avortement en envisageant de ne plus rembourser les avortements dits "de confort" si la situation budgétaire l'exige.

Elle a répété jeudi qu'elle ne voulait pas "interdire l'avortement, mais mettre fin à des abus".

"Il y avait une femme sur dix il y a dix ans, il y en a deux sur dix aujourd'hui qui se servent de l'avortement comme d'un véritable moyen contraceptif", a-t-elle dit, déplorant des avortements répétitifs, c'est-à-dire deux fois, trois fois".

Selon elle, la situation actuelle, avec la persistance de 220.000 avortements par an, est "très éloignée" de l'esprit de la loi Veil de 1975, qui dépénalise l'avortement dans certaines conditions.

Elle a précisé que le déremboursement de certains avortements ne faisait pas partie de son projet et qu'elle avait simplement répondu à une question d'un média sur le sujet.

Le président-candidat Nicolas Sarkozy s'est déclaré en "total désaccord" avec la position de Marine Le Pen. Le candidat socialiste, François Hollande, s'est engagé pour sa part jeudi à créer, s'il est élu, un "forfait contraception" pour les mineurs, garantissant anonymat et qualité de la prise en charge.

Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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