Marine Le Pen sur le plateau de TF1 hier soir.
Marine Le Pen sur le plateau de TF1 hier soir. © EPA/MaxPPP

Marine Le Pen a annoncé jeudi soir sur TF1 sa décision d'engager une procédure disciplinaire contre son père Jean-Marie Le Pen et l'a invité à se retirer de la vie politique en raison de ses provocations réitérées. Ce dernier promet de se "défendre".

J'ai décidé l'ouverture d'une procédure disciplinaire et donc Jean-Marie Le Pen sera convoqué devant le bureau exécutif.

Les mots de Marine Le Pen, jeudi soir sur le plateau de TF1, ont sonné comme une sentence. Elle n'a en revanche pas précisé quelle sanction elle envisageait. Le président d'honneur, lui, a prévenu sa fille que son éventuelle exclusion de la formation politique qu'il a fondée en 1972 comportait "un risque d'implosion" du Front national : "Si cette décision était prise, elle serait complètement folle parce que le prestige que je conserve assez naturellement au sein du Front national provoquera des remous considérables et, pour elle, une perte d'influence qu'elle ne mesure sans doute pas."

Jean-Marie Le Pen a d'ailleurs annoncé ce vendredi sur RTL qu'il "ira(it) se défendre" et "probablement attaquer" devant les instances du Front national.

Depuis plusieurs jours, la présidente du FN et les cadres du parti se sont massivement désolidarisés du patriarche de 86 ans qui a accumulé les sorties polémiques et a donné un entretien à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol dans lequel il règle ses comptes.

"Les Français ne comprendraient pas..."

Mais plusieurs anciens opposants à Marine Le Pen, exclus ou démissionnaires du parti, ont pris la défense du fondateur. L'ancien secrétaire général, Carl Lang, a estimé que Marine Le Pen avait tout simplement tué le père. "Elle pratique l'acte d'euthanasie politique, c'est le reniement officiel de son père, une fois qu'elle a eu son héritage", a-t-il dit à plusieurs médias.

La présidente du FN, aux commandes depuis 2011, a entrepris de dédiaboliser le parti et de lui donner une image plus respectable avec l'ambition affichée de conquérir le pouvoir. Durant la campagne des départementales, le FN a vu nombre de ses candidats pointés du doigt pour des dérapages et en a exclu certains et Marine Le Pen a voulu jouer sur le registre du parti exemplaire, jeudi soir :

Les Français ne comprendraient pas qu'on en demande compte à de simples adhérents et que l'on accepte cette réitération parfois préméditée. (...) J'ai le sentiment que Jean-Marie Le Pen n'agit plus comme un dirigeant responsable d'un mouvement qui est l'espoir de millions de Français.

"Arrêter ses responsabilités politiques"

Le FN compte sur un mode de scrutin plus favorable lors des régionales de décembre pour conquérir une grande collectivité et à ce titre, Marine Le Pen ne veut pas voir son père mener de liste en Provence-Alpes-Côte d'Azur, comme lui l'ambitionnait :

J'ai clairement indiqué que je pensais qu'il n'était plus en situation de pouvoir être, comme il l'a dit lui-même, la meilleure locomotive pour tirer la liste en Paca.

"Au fond, Jean-Marie Le Pen devrait faire preuve de sagesse, il devrait tirer les conséquences du trouble qu'il a lui-même créé et peut-être arrêter ses responsabilités politiques", a conclu la présidente du Front national.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.