[scald=24797:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Marine Le Pen n'apparaît plus comme une menace immédiate pour Nicolas Sarkozy mais s'installe dans les sondages à un niveau qui lui permet toujours de viser une qualification au second tour de la présidentielle de 2012.

La présidente du Front national, en vacances en Bretagne, a réduit sa présence médiatique depuis quelques jours mais n'en surveille pas moins attentivement les mouvements de l'opinion.

Or, Marine Le Pen est créditée de 20% à 20,5% des intentions de vote dans un sondage Ifop publié vendredi dans France Soir, un score qui tranche avec le tassement observé depuis le début de l'été.

Dans cette enquête, elle n'accèderait au second tour pour affronter Nicolas Sarkozy que si Ségolène Royal était la candidate du Parti socialiste.

"Mais elle bénéficie toujours avec 20% des intentions de vote d'un potentiel électoral suffisamment élevé pour se mêler à la lutte pour la qualification au second tour", souligne Frédéric Dabi, de l'Ifop.

Un avis qui conforte l'entourage de Marine Le Pen, pour qui ce score est "de bon augure" à neuf mois de la présidentielle, surtout si l'on tient compte de la marge d'erreur habituelle des instituts de sondage.

"On a toujours observé que le Front national montait à l'approche des élections et nous avons l'habitude des campagnes longues", estime Bruno Bilde, le chef de cabinet de la dirigeante du FN, qui a succédé à son père en janvier dernier.

PAS DE COMPÉTITEUR

"Je sais l'importance d'une campagne sur les résultats. Or, aujourd'hui, il n'y a pas encore de candidat au PS, pas de candidat à l'UMP. C'est difficile de mener une compétition sans compétiteur", expliquait-elle à la mi-juillet.

Dans France Soir, un de ses conseillers de la société civile, Philippe Peninque, suggère que les instituts de sondage "travaillent en ce moment à tenter d'empêcher de montrer la vague d'adhésion qui pourrait être celle d'une Marine Le Pen ou d'un Jean-Luc Mélenchon", candidat du Front de gauche.

Mais Bruno Bilde "n'adhère pas à cette théorie". "Je ne crois pas qu'il y ait un complot. Ce qui compte, c'est qu'elle est dans le trio de tête", dit-il.

A en croire son chef de cabinet, la présidente du FN garde la tête froide face aux sondages, y compris lorsque Louis Harris la plaçait en tête avec 22 à 23% des intentions de vote au printemps dernier.

"Elle les prend avec beaucoup de précautions et de mesure", dit-il, soulignant que Marine Le Pen n'a pas elle-même commandé de sondage depuis qu'elle a pris la tête du parti.

La dirigeante du FN espère toujours rassembler au-delà de son camp grâce, notamment, à son combat contre la mondialisation.

Même si elle reste discrète pendant ses vacances dans la maison familiale de la Trinité-sur-Mer (Morbihan), Marine Le Pen n'en continue pas moins à pourfendre la monnaie unique.

Dans une tribune aux Echos, elle assure que "l'euro mourra" et accuse les dirigeants français, Nicolas Sarkozy en tête, de vouloir "la fédéralisation économique totale de la zone euro".

Selon elle, le nouveau plan d'aide à la Grèce "est une bonne nouvelle pour les marchés financiers, mais une très mauvaise nouvelle pour les contribuables français".

"Nicolas Sarkozy et la Caste ont en effet décidé de jeter 109 nouveaux milliards d'euros d'argent public dans le trou sans fond de la dette grecque. 109 milliards qui ne règleront aucun problème, comme tous les autres milliards déjà versés", écrit-elle vendredi dans un communiqué.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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