La candidate frontiste veut profiter du "clivage clair" qui l'oppose à Emmanuel Macron et espère gagner des voix au second tour en insistant sur "l'héritage" Hollande de son rival.

Contrairement au 21 avril 2002, la qualification de Marine Le Pen n'est pas une surprise, l'appel de ses opposants à voter contre elle non plus.
Contrairement au 21 avril 2002, la qualification de Marine Le Pen n'est pas une surprise, l'appel de ses opposants à voter contre elle non plus. © AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Le Front républicain

Qualifiée pour le second tour de l'élection présidentielle avec plus de 6,9 millions de voix, Marine Le Pen dépasse le record historique de suffrages du FN.

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Mais ce score exceptionnel pourrait ne pas suffire à la candidate Bleu Marine pour faire face à Emmanuel Macron (crédité de 23,7% des suffrages au premier tour selon les estimations d'Ipsos Sopra Steria). Car Marine Le Pen se retrouve sans allié politique parmi ses adversaires du premier tour. Les seuls à y croire sont dans son camp : ses militants et surtout ses lieutenants, Florian Philippot en tête.

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Le vice-président du FN a lancé un appel à "tous les électeurs", y compris ceux de François Fillon "qui ont pu avoir le sentiment qu'au premier tour, on leur a un peu volé leur élection". Florian Philippot a indiqué "tendre la main aux patriotes", clin d'œil appuyé à Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France qui "a fait la même campagne au premier tour" que la frontiste et a récolté autour de 4,8% des voix. Dupont-Aignan qui se laisse quelques jours avant de donner sa préférence pour le second tour.

"Clivage clair"

Si sa deuxième position place la frontiste en difficulté, selon l'analyse de certains militants FN, dans l'état major du parti, on se félicite d'un "clivage clair" entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, à l'image de Marion Maréchal-Le Pen.

La benjamine du FN présente le candidat d'En marche ! comme "la synthèse de ce fameux centre droit, centre gauche, libre échangiste, pour plus d'intégration européenne, pour un gouvernement de la zone euro, pour plus d'immigration" et l'oppose à celle "qui défend la nation, la souveraineté". Une mise en avant du "patriotisme" pour contrer le front républicain qui se compose autour d'Emmanuel Macron.

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"Candidat du système"

Pour mobiliser son électorat, Marine Le Pen mise sur le rejet du gouvernement actuel et va attaquer son adversaire sur son "héritage" Hollande, notamment pendant les deux meetings qu'elle tiendra dans la campagne de l'entre-deux tours, à Nice le jeudi 27 avril, sur les terres de la droite puis au parc des Expositions de Villepinte, en région parisienne, pour le traditionnel rassemblement frontiste du 1er mai.

La présidente du FN qui oppose son programme aux échecs de la gauche qui a gouverné : "Ce n'est évidemment pas avec l'héritier de François Hollande et de tous les échecs de ce quinquennat catastrophique que cette alternance tant attendue viendra."

Une autre inconnue avec laquelle doit composer Marine Le Pen : le vote blanc. Déçus, les électeurs ne choisiront peut-être aucun candidat. Autant de voix sur lesquelles le FN ne pourra pas compter.

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