[scald=66625:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a engagé mardi une bataille sur la question des parrainages nécessaire pour se présenter à la présidentielle, qui risque, selon elle, de l'éliminer de la course à l'Elysée en 2012.

Niant toute "stratégie électoraliste", la présidente du Front national affirme rencontrer les mêmes difficultés que son père Jean-Marie Le Pen, qualifié in extremis en 2002 et 2007 et écarté en 1981, faute d'un nombre de signatures suffisantes.

Elle a donc écrit au Premier ministre François Fillon pour lui demander de supprimer le texte de loi qui prévoit l'obligation de rendre publics - au Journal officiel - les noms des 500 élus qui doivent apporter leur signature aux candidats.

Ce dispositif instauré en 1962 vise à empêcher les candidatures fantaisistes. Le nombre de signataires potentiels est de 45.000, dont 36.000 maires. La décision de rendre l'identité des parrains publique a été prise en 1976.

Décidée à régler ce problème avant le mois de janvier, début officiel de la collecte des parrainages, Marine Le Pen a tenu une conférence de presse dans une salle située "au coeur du salon des maires" à Paris.

Une démarche toute symbolique, car la dirigeante frontiste n'a pas voulu aller à la rencontre des milliers d'élus venus porte de Versailles assister au congrès des maires.

"Je ne crois pas que le salon des maires soit l'endroit pour rechercher des parrainages, on me le reprocherait", a-t-elle dit en adressant un appel aux "forces démocratiques" sur cette question récurrente du système électoral français.

Marine Le Pen juge qu'il serait anormal qu'une candidate qui représente 16% à 20% de l'électorat, selon les sondages, en soit réduite à devoir "séduire" ou "convaincre" les élus un par un pour pouvoir briguer l'Elysée.

LE CAS LE PEN N'EST PAS ISOLÉ

"Ce n'est pas de gaieté de coeur que je lance cet appel. Je préférerais mille fois me consacrer à ma campagne", a-t-elle assuré.

Outre la présidente du FN, Christine Boutin, candidate du Parti chrétien démocrate, s'est également inquiétée pour ses signatures, indiquant n'en avoir qu'une centaine, de même que plusieurs candidats de la gauche radicale.

Au Salon des maires, des partisans de l'ex-ministre Jean-Pierre Chevènement tentent également de recueillir des signatures.

Marine Le Pen peut compter pour l'instant sur les 110 parrainages des élus FN.

Elle dit ne pas imaginer un instant que François Fillon ne lui réponde pas, soulignant que le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a reconnu "qu'éliminer la possibilité de candidature de quelqu'un qui représente 17-18% des voix pose problème."

"Nous demandons le rétablissement de l'anonymat des parrainages, tout simplement, le Premier ministre en a le pouvoir" d'ici le mois de janvier, a-t-elle dit.

Louis Alliot, vice-président du FN, a souligné qu'il y avait un fossé entre les promesses de signatures récoltées initialement et le passage à l'acte des élus, soumis à toutes sortes de pressions.

"En 2007, un tiers des élus avaient finalement renoncé à nous soutenir", a-t-il expliqué.

En cas de refus du gouvernement de modifier le dispositif actuel, le Front national entend attaquer sa constitutionnalité devant les tribunaux, a précisé Louis Alliot.

Gérard Bon

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