[scald=94501:sdl_editor_representation]par Gérard Bon

LILLE (Reuters) - Marine Le Pen tente ce week-end de contrer l'entrée en lice de Nicolas Sarkozy qui lui dispute l'image de candidat du peuple et lui barre pour l'instant la route du second tour de la présidentielle.

Elle veut croire que Nicolas Sarkozy ne peut pas, en huit semaines, effacer "cinq ans de rupture avec le peuple".

La présidente du Front national, qui réunit ses partisans jusqu'à dimanche lors d'une convention à Lille, doit non seulement refaire son retard dans les sondages mais empêcher le président-candidat de capter une partie de l'électorat frontiste, comme il l'avait fait avec succès en 2007.

"Le président des riches, le petit candidat des 'gros', le président du Fouquet's et, aujourd'hui, le candidat de la troïka deviendrait soudainement le candidat du peuple ?", a-t-elle ironisé lors d'un point de presse.

Nicolas Sarkozy déclare depuis plusieurs semaines vouloir donner la "parole au peuple" par le biais de référendum notamment sur le contrôle de l'immigration et sur la formation des chômeurs.

"Celui qui a complètement oublié le peuple pendant cinq ans fait mine de le redécouvrir pour des raisons électoralistes", a-t-elle ajouté en fustigeant le bilan du chef de l'Etat sur les sujets de prédilection du FN, l'immigration, la sécurité et le chômage.

Grâce au battage médiatique organisé pour sensibiliser l'opinion, Marine Le Pen semble désormais en mesure de recueillir les 500 parrainages lui permettant de se présenter, ce qui lui permet d'envisager plus sereinement la bataille à venir.

Elle doit toutefois faire face à son tassement dans les sondages, où elle est créditée de 15% à 20% des intentions de vote, avec une perte d'un à deux points selon les instituts.

LES "CANDIDATS DE LA TROIKA"

Pour Gaël Sliman, de BVA, les deux challengers, Marine Le Pen et le centriste François Bayrou, "donnent tous deux des signes d'essoufflement" et sont désormais à plus de 10 points du second, Nicolas Sarkozy, à respectivement à 11 et 13 points.

"L'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy peut l'affaiblir, mais Marine Le Pen conserve un socle qui reste dur", souligne cependant Frédéric Micheau, de l'Ifop.

Pour la présidente du FN, la petite percée de Nicolas Sarkozy - de un à deux points - dans les sondages après sa déclaration de candidature est une simple "séquence" de la campagne.

"Il bénéficie simplement de sa déclaration de candidature, comme François Hollande et François Bayrou", dit-elle, en décrivant le chef de l'Etat comme une "boule de flipper qui cherche à attirer l'attention dans tous les sens pour faire oublier son bilan".

Néanmoins, Marine Le Pen a décidé de hausser le ton d'un cran en direction des milieux ouvriers et employés et se présente désormais comme la "candidate de la révolte populaire", un slogan très présent samedi à l'ouverture de la convention de Lille.

Elle joue également sur la crise grecque qui, espère-t-elle ouvrira les yeux des Français sur ce qui les attend si l'un des "candidats de la troïka", François Hollande ou Nicolas Sarkozy, venait à être élu.

La chef de file du FN relève que le président-candidat a choisi de poser sur son affiche de campagne devant la mer Egée, comme s'il voulait mener la France "sur le chemin de la Grèce". "Attention, l'Egée, c'est une mer avec de violentes tempêtes", a-t-elle dit.

Des dirigeants du FN, comme Jean-Marie Le Pen, désormais président d'honneur, regrettaient samedi la faiblesse du budget de la campagne "mariniste" en comparaison de celui des favoris des sondages, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Selon Wallerand de Saint Just, le trésorier du parti, l'UMP et le Parti socialiste vont dépenser un peu plus de 19 millions d'euros chacun, là où le FN a prévu 8,2 millions pour le premier tour et 2 millions pour le second tour, du moins si sa championne y accède. "Nous ne dépensons que le montant remboursable de la campagne", a-t-il expliqué à Reuters.

Edité par Marine Pennetier

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