Marine Le Pen devait se rendre en Italie, samedi prochain, pour un rassemblement avec ses alliés européens. Mais, difficile de s’entendre ne serait-ce que sur une date commune. Ce problème d’agenda cache de vraies dissensions entre les partis eurosceptiques. Impossible, pour le moment, de publier une charte commune.

Réunir les partis eurosceptiques sur un projet commun, ce n'est pas aussi simple que Marine Le Pen le laissait entendre
Réunir les partis eurosceptiques sur un projet commun, ce n'est pas aussi simple que Marine Le Pen le laissait entendre © AFP / Frédérick FLORIN

Cela fait des mois que le Rassemblement National nous promet un projet commun, réunissant les partis eurosceptiques. Marine Le Pen l’avait évoqué il y a plus d’un an à Poitiers, lors d'un discours devant les élus de son parti. 

"A leur Union Européenne, nous substituerons l’Union des Nations Européennes" Marine Le Pen, 1er octobre 2017

Applaudissements dans la salle, à l'époque, mais tollé en coulisses à Bruxelles. Les alliés de Marine Le Pen ne veulent pas entendre parler d’"union", un terme bien trop fédéraliste qui rappelle "cette prison" qu'est l'U.E. Elle a donc dû trouver une autre formule, moins engageante, pour lancer sa campagne, il y a 15 jours, à la Mutualité à Paris. 

"Notre Europe, l'Alliance européenne des Nations, est fondée sur la libre coopération des nations entre elles" Marine Le Pen, 13 janvier 2019

Une Alliance, dont les députés européens sortants, sont quasiment incapable d'en dessiner les contours. Et pour cause, il reste de nombreux débats à trancher. 

Marine le Pen, la "gauchiste"

Le Néerlandais Geert Wilders et les Démocrates Suédois prônent encore une sortie de l’Union Européenne après un référendum, alors que leurs amis, à commencer par le RN, proposent désormais de la réformer de l’intérieur. Ils appellent notamment à une réforme de la gouvernance de la BCE, et non plus à un abandon de l'euro.

Entre eux, il n’y a quasiment aucun consensus économique. Les eurosceptiques allemands (AFD), autrichiens (FPÖ), espagnols (VOX) sont issus de la droite libérale, et voient presque Marine Le Pen comme une "gauchiste". Elle est l'une des seules à ne pas se classer "à droite".

Autre difficulté : les Polonais, qui ne veulent pas entendre parler de la Russie de Poutine, alors que c’est un pays ami pour tous les autres. Les députés européens reconnaissent, hors micro, que la constitution d'un seul et même groupe eurosceptique est "un sacré défi", et que "les Polonais sont au cœur des tractations". Eux qui sont aujourd'hui alliés avec les conservateurs britanniques, qui vont quitteront le Parlement au printemps.

Heureusement, ils ont un combat commun contre l’immigration, et cela suffit, pour le moment, à les rassembler, et à les hisser dans les sondages. Il ne faut pas sous-estimer, non plus, les nombreuses dissensions et incohérences qui règnent dans les autres groupes politiques européens, à commencer par le premier d'entre eux, le PPE.

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