[scald=110267:sdl_editor_representation]par Gérard Bon

NICE (Reuters) - Marine Le Pen, en campagne ce week-end à Nice, veut faire mentir les sondages et appelle les Français à refuser le "chantage" du prétendu vote utile, selon elle, en faveur de Nicolas Sarkozy ou François Hollande.

La candidate du Front national, créditée de 15 à 16% dans les sondages, estime que sa présence au second tour de la présidentielle est toujours "crédible" et n'exclut pas un décrochage du candidat socialiste François Hollande.

Samedi, sur un marché populaire de Nice (Alpes-Maritimes), elle a mis en garde les électeurs contre les sirènes du président sortant et de son adversaire socialiste, "du pareil au même".

"Les Français ne doivent pas tomber dans ce chantage, ils doivent voter pour ce à quoi ils croient", dit-elle. "Ils doivent sanctionner des comportements politiques de trahison, d'incompétence et de laxisme."

La chef de file du FN a choisi Nice, ville symbolisant le "siphonnage" du vote Le Pen en 2007 par Nicolas Sarkozy, pour tenter d'amplifier la dynamique retrouvée depuis l'affaire Merah, où elle s'est montrée très offensive sur l'islam radical et l'immigration.

Priée de dire si elle ne redoute pas de voir le président-candidat, qui progresse au premier tour dans les sondages, capter à nouveau l'électorat FN, elle répond : "Je n'imagine pas une demi-seconde que les Français puissent se laisser avoir une deuxième fois."

Marine Le Pen n'en oublie pas pour autant ses fondamentaux sur le social et l'économique. Lors d'un meeting vendredi soir au palais des congrès de la ville, elle a notamment prôné le gel des frais bancaires "pour les particuliers comme pour les entreprises".

Elle a également promis d'agir pour défendre les personnes surendettées face aux établissements de crédit à la consommation.

Samedi matin, en arpentant le marché de la Libération, Marine Le Pen reçoit un accueil plus que chaleureux, laissant penser à son équipe de campagne que sur cette terre de droite, le FN a retrouvé des couleurs.

"JE CROIS À LA RUE"

"Je me méfie des sondages, je crois à la rue. Pour moi, c'est la rue à Nice et elle est très critique envers Nicolas Sarkozy", dit Jacques Peyrat, l'ancien maire UMP de la ville (1995 à 2008) qui soutient Marine Le Pen.

Devant les étals du marché de la Libération, les encouragements fusent. "Marine, on compte sur toi !". La candidate se voit offrir un bouquet par un fleuriste. Du haut d'un balcon, un père de famille maghrébin, entouré de ses enfants, lance :"Marine, comment allez-vous ?".

Plus loin, une demi-douzaine d'employés d'un garage en bleu de travail se mettent en rang pour l'accueillir. "Vous êtes beaux comme des camions", lance Marine Le Pen, assaillie de demandes d'autographes.

Le contraste est frappant avec le marché de Meaux, où la dirigeante du FN avait subi tout au long de sa visite la contradiction de militants du Front de gauche.

Devancée il y a quelques jours dans un sondage par Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen a repris un net avantage sur le candidat du Front de gauche, qu'elle appelle le "meilleur allié de Sarkozy" depuis que le quotidien Le Figaro lui accorde une place de choix.

Entre deux allées, interrogée à nouveau sur ses chances de rebondir, elle répond: "François Hollande fait une campagne tellement transparente, tellement inerte, qu'il n'est pas exclu que ce soit lui qui décroche."

Bruno Bilde, son conseiller et directeur de communication, voit Marine Le Pen à 20% et croit en ses chances d'être au second tour parce qu'elle est à ses yeux la seule candidate anti-système. "Il faut que les courbes se croisent et je crois qu'il va y avoir un vote utile anti-système", dit-il à Reuters.

A Nice, Marine Le Pen met en avant un nouveau slogan. "Je suis l'exception française, je suis la seule candidate à croire en la France et à refuser que la France se dilue, que ses valeurs se diluent", dit-elle.

A la fin de la visite, la candidate prend un café à une terrasse et confie :"Les marchés, c'est un plaisir, rencontrer les gens, recevoir des messages de sympathie..."

Elle rappelle avoir mené une longue et épuisante campagne de 15 mois, depuis son accession à la tête du FN. "Mais j'ai toujours une belle énergie", dit-elle. Puis, elle tance à nouveau Nicolas Sarkozy, auquel elle reproche de s'être réfugié jusqu'au dernier moment derrière son habit présidentiel.

"On ne sort pas un programme présidentiel à quinze jours de l'élection. Il n'est peut-être pas aussi sûr de lui qu'il veut le laisser croire."

Edité par Marine Pennetier

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.