[scald=64227:sdl_editor_representation]par Philip Pullella

ROME (Reuters) - Le président du Conseil italien désigné, Mario Monti, rencontre ce mardi les responsables des deux grandes formations politiques pour discuter des "sacrifices" nécessaires pour rétablir la confiance des marchés et sortir le pays de la crise économique.

Deux jours après avoir été chargé par le président Giorgio Napolitano de former un gouvernement, l'ancien commissaire européen a reçu lundi les représentants des petits partis politiques du pays en vue de la formation d'une nouvelle coalition après le départ de Silvio Berlusconi.

Les chefs de file du Peuple de la liberté (centre-droit) et du Parti démocrate (centre-gauche) ainsi que les représentants syndicaux et du patronat doivent être reçus mardi dans la matinée.

La composition du nouveau gouvernement pourrait être connue mardi soir au plus tôt. Le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, a dit s'attendre à ce que Mario Monti sollicite d'ici à vendredi un vote de confiance au Parlement pour s'assurer que le nouveau gouvernement dispose d'un soutien suffisant.

Lors d'une conférence de presse, lundi, le futur chef du gouvernement a jugé les premières consultations "constructives" et a affirmé que la classe politique italienne était consciente de la gravité de la situation.

Contrairement aux prédictions de nombreux observateurs qui tablaient sur l'organisation d'élections anticipées une fois les réformes adoptées, Monti a indiqué qu'il entendait rester au pouvoir jusqu'à la fin de l'actuelle législature, en 2013.

Mais, a-t-il ajouté, "il est évident que le Parlement peut décider à tout moment qu'un gouvernement n'a pas sa confiance."

TECHNICIENS

Monti a par ailleurs fait savoir qu'il était disposé à inclure des responsables politiques dans son équipe, qui devrait être surtout composée de techniciens, ajoutant toutefois que cette décision relevait des différents partis.

Ces journées de consultations interviennent après un week-end d'intenses activités politiques qui a vu le Parlement approuver les réformes économiques convenues avec les dirigeants de l'Union européenne, Silvio Berlusconi démissionner et le président Napolitano remplacer le "Cavaliere" par l'économiste nommé la semaine dernière sénateur à vie.

"Monti a parlé d'un programme important avec beaucoup de sacrifices", a indiqué Francesco Nucara, député d'un des nombreux petits groupes parlementaires engagés dans les entretiens, après avoir rencontré "il Professore".

Les conditions d'emprunt de l'Italie ont atteint la semaine dernière des niveaux comparables à ceux qui ont obligé l'Irlande et la Grèce à réclamer des mesures de sauvetage internationales.

En dépit de premières réactions positives des marchés lundi matin, les investisseurs demeurent dans l'expectative.

Le président Napolitano a préconisé un effort national exceptionnel afin de soutenir Mario Monti et retrouver la confiance des marchés internationaux, en notant que l'Italie devait refinancer environ 200 milliards d'euros d'obligations d'ici à la fin avril.

Partisan convaincu de l'économie de marché qui s'est attaqué avec succès aux opérations monopolistiques durant la décennie qu'il a passée à Bruxelles, Mario Monti devrait exposer cette semaine un programme conforme aux exigences de ses partenaires européens.

De hauts responsables de l'UE et la chancelière allemande Angela Merkel se sont réjouis des signes laissant prévoir la fin de plusieurs semaines d'incertitude.

Guy Kerivel et Marine Pennetier pour le service français

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