La petite-fille de Jean-Marie Le Pen ne sera pas candidate à sa propre succession, lors des législatives. Elle annonce ce mercredi se retirer provisoirement de la vie politique.

Marion Maréchal-Le Pen lors d'une manifestation contre les migrants, en octobre dernier.
Marion Maréchal-Le Pen lors d'une manifestation contre les migrants, en octobre dernier. © AFP / Bertrand Langlois

Trop "inexpérimentée" pour devenir ministre selon sa tante Marine Le Pen, "seule et isolée" au sein du Front national d'après le numéro deux du parti Florian Philippot : Marion Maréchal Le Pen a annoncé ce mercredi, dans une lettre parue dans le journal Vaucluse Matin et publiée sur sa page Facebook, qu'elle se retirait de la vie politique, au moins de façon provisoire.

"Je sors quelque temps" du monde politique, a-t-elle déclaré, pour "travailler [dans] le monde de l'entreprise" et "consacrer plus de temps" à sa vie familiale. Elle abandonne donc son mandat de chef de l'opposition FN au Conseil régional de la région PACA, et ne sera pas candidate à sa propre succession aux élections législatives. Avant cette lettre, elle avait annoncé ces derniers jours la décision à ses proches, et mardi aux instances du FN. Pour elle, "si nous voulons rendre nos lettres de noblesse à la politique, il faut prouver aux Français qu'il existe aussi des élus libres et désintéressés refusant de s'accrocher coûte que coûte à leur statut et à leurs indemnités".

Raisons personnelles et politiques

La députée, benjamine de l'Assemblée nationale, avait déjà à plusieurs reprises exprimé sa volonté de se lancer dans le privé, ainsi que les raisons personnelles qui la poussent à quitter sa carrière politique : une fille, née en 2014, puis un divorce. "Je lui ai beaucoup manqué, elle m'a terriblement manqué", explique Marion Maréchal-Le Pen. S'ajoute à cela le poids de sa famille et de son patronyme : "Vous connaissez mon histoire, à 27 ans, il est encore temps d'en sortir quelque temps", dit-elle dans sa lettre.

Et puis, il y a les raisons politiques : rester, pour elle, c'était aller à l'affrontement politique avec sa tante et son bras droit Florian Philippot, tenant d'un FN "ni de droite, ni de gauche" quand elle le souhaite bien à droite, identitaire et libérale, et surtout pas focalisé sur une sortie de l'euro qui a plombé son score.

Une "désertion" pour Jean-Marie Le Pen, un "séisme" au FN

Selon plusieurs élus FN, cette annonce présage d'un "séisme" à venir dans le parti : la jeune élue était vue comme une porte d'entrée du parti pour la droite traditionnelle catholique. Héritière du "canal historique" du FN de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen s'était affirmée comme figure de proue de cette ligne droitière. Son grand-père a considéré cette décision comme "une désertion" :

"Qu'en pleine bataille législative, l'une des vedettes les plus aimées et admirées du mouvement défaille, cela peut avoir des conséquences terribles"

"Maintenant c'est à nous de réfléchir : je ne veux pas rester pour maintenir les 35 heures, la retraite à 60 ans, l'ISF, et défendre une sortie de l'euro sous huitaine", explique un élu FN sudiste à l'AFP.

"On dira que Philippot a gagné", explique un autre élu. "On va perdre énormément d'adhérents et de militants qui sont là pour elle", dit encore un autre. Sur Twitter, l'ancien cadre du FN Jean-François Touzé a déclaré que "celle qui devrait quitter la politique, ce n'est pas Marion".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.