Il y a très longtemps, avant même les rois

Et bien avant le Christ, avant les Égyptiens, Les Incas et les Grecs, les premiers batraciens, Deux femmes se battaient, maîtresses de l'effroi. Les éléments tremblaient, le soleil et la terre. Les volcans également, ainsi que tous les Dieux. Leur force était égale et nombreux les envieux. De leur habileté et de leur caractère. Deux sœurs presque jumelles, habitées par la haine. Et prêtes à tout pour s'emparer du pouvoir. Dès qu'elles se croisaient, cela faisait pleuvoir. L'ainée c'était Martine et l'autre Ségolène. L'autre jour, vous aviez enfilé vos bottines, Ségolène. Toutes les deux, vous êtes restées très urbaines, Martine. Quasi main dans la main devant les lycéennes, Martine. On aurait pu penser que vous étiez copines, Ségolène. Vous n'avez pas lancé de gaz lacrymogènes, Martine. Vous ne vous êtes pas craché à la trombine, Ségolène. Tandis que les casseurs caillassaient les vitrines, Ségolène. Vous vous êtes montrées ultra républicaines, Martine. Martine et Ségolène, la guerre n'est pas finie. Il ne peut y avoir qu'une reine. Et votre haine est infinie. Certains, parfois, se moquent de votre dégaine, Martine. Certains, parfois, ne zieutent que votre poitrine, Ségolène. Mais d'autres qui vous aiment vous trouvent divine, Ségolène. D'autres aussi vénèrent vos cheveux d'ébène, Martine. On dit que par moment, vous êtes assassine, Ségolène. Pourtant c'est vous qui êtes devenue cheftaine, Martine. Vous qui avez depuis votre armée mexicaine, Martine. Alors que vous rêviez d'une vie de tsarine, Ségolène. On dit que par moment, vous pouvez être hyène, Martine. Pourtant c'est vous dont on a limé les canines, Ségolène. Vous que certains, parfois, surnomment « Bécassine », Ségolène. Alors qu'on ne dit pas pour vous « quiche lorraine », Martine. Mais quand cessera donc cette lutte intestine, Ségolène. Essayez plutôt la lutte gréco-romaine-romaine, Martine. Martine et Ségolène, la guerre n'est pas finie. Il ne peut y avoir qu'une reine. Et votre haine est infinie. Certains préfèreraient que vous filiez la laine, Martine. Ou que vous restiez sage dans votre cuisine, Ségolène. A préparer gâteaux et gratins d'aubergines, Ségolène. Après avoir refait le plein de kérosène, Martine. Or vous, vous vous voyez un destin d'héroïne Ségolène. Et vous, la politique est logée dans vos gènes, Martine. Mais 2012 approche et alors, dans l'arène, Martine. L'une de vous passera sous la guillotine, Ségolène. Peut-être bien les deux, hypothèse vilaine, Martine. Car Dominique attend avec sa carabine, Ségolène. Et François, lui aussi, souhaiterait votre ruine, Ségolène. Les hommes font toujours aux femmes de la peine, Martine. Martine et Ségolène, la guerre n'est pas finie. Il ne peut y avoir qu'une reine. Et votre haine est infinie. Chronique (« La poésie du jeudi ») du 21.10.2010 dans le « 5/7 boulevard ».

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.