Alors que la situation de la Covid empire dans le Grand-Est (en Bourgogne Franche-Comté et dans les Alpes Maritimes également), le maire de Nancy s'inquiète. Il demande à l'État de prendre des nouvelles mesures à l'échelle de l'agglomération de Nancy, de la région Grand-Est ou du pays.

Le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, plaide pour un reconfinement au moins local
Le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, plaide pour un reconfinement au moins local © Maxppp / Cédric JACQUOT

Invité du journal de 13 heures de France Inter, Mathieu Klein, maire socialiste de Nancy, lance un appel au gouvernement. 

FRANCE INTER : Quelle est la situation à Nancy ?

MATHIEU KLEIN, maire PS de Nancy : "Actuellement, la situation n'est pas bonne puisque nous avons un virus qui circule beaucoup. Nous connaissons aussi une situation très tendue à l'hôpital, ce qui m'inquiète particulièrement parce que nous sommes en saison hivernale. Aujourd'hui, la moitié des lits de réanimation de l'hôpital de Nancy sont occupés par des patients Covid, avec une augmentation significative. Ce qui pose à nouveau la question, par exemple, de la déprogrammation d'interventions pour d'autres patients, pour d'autres pathologies. L'hôpital a déjà déclenché le plan blanc en fin de semaine dernière. Et je suis inquiet car nous ne sommes pas encore dans l'effet post-Noël et a fortiori, évidemment, pas dans celui post-31 décembre. Et nous avions déjà, depuis le début du mois de décembre, un retour significatif de la circulation du virus. Et c'est la raison pour laquelle je m'interroge sur les suites à y donner." 

Êtes-vous partisan d'un reconfinement local ?

"Personne n'a envie de reconfiner avec plaisir, mais je ne vois pas aujourd'hui d'autres solutions opérationnelles pour ralentir la progression de l'épidémie, pour protéger notre système de soins. Je considère qu'il faut agir vite. Je n'arrive pas bien à comprendre en réalité pourquoi, alors même que la progression est exponentielle, nous devrions encore attendre. J'ai eu l'occasion d'en discuter à deux reprises ces derniers jours avec Olivier Véran. Je lui ai dit ma position et j'attends donc, demain mardi, que le Conseil de défense prenne des décisions, au moins pour les territoires qui sont aujourd'hui les plus touchés, dont le Grand Est et la métropole de Nancy en particulier."

Confiner par région ou par ville... Le risque n'est-il pas un manque de lisibilité et la poursuite de la circulation dans les villes autour ?  

"Il faut au moins que l'échelle géographique soit une échelle de cohérence territoriale, de bassin de déplacements, de bassins de vie, de bassins d'emploi, a minima, pour que ce soit à la fois compréhensible et qu'il n'y ait pas trop d'évitement. Je n'écarte pas le fait que soit prise une décision nationale. Je ne suis ni épidémiologiste ni médecin, mais je discute avec eux. Je ne sais pas si la meilleure solution est locale ou nationale. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il faut faire quelque chose. Et je mesure bien que dans la population aujourd'hui, il y a une lassitude. Chez moi, le premier. On en a tous marre de la Covid et de la crise sanitaire, on voudrait tous pouvoir revivre normalement. Mais si nous ne sommes pas encore aujourd'hui en situation de vaccination massive, nous savons qu'il n'y a pas beaucoup d'autres solutions. Je veux simplement que nous nous mettions en situation de ne pas vivre de confinement long et difficile, en étant peut être plus rapide, plus réactif face à une situation déjà  très difficile aujourd'hui. 

Je comprends bien que du point de vue de La Rochelle ou de Nantes, aujourd'hui, on n'apprécie pas les choses de la même manière que du point de vue de Colmar, de Nancy ou de Reims.

Mais que ce soit local ou que ce soit national, il faut aujourd'hui agir parce que dans notre territoire, à l'heure où je parle, la situation est une situation de crise et je voudrais qu'elle soit perçue par tous comme telle."

Vous plaidez aussi pour une accélération de la campagne de vaccination.

"Je souhaite que les régions les plus touchées soient les régions dans lesquelles le vaccin soit déployé rapidement. En ce qui nous concerne, nous n'avons pas été retenus pour cette première expérimentation symbolique, mais il faut que cela vienne vite. Je suis de ceux qui plaident auprès de mes concitoyens pour que le maximum d'entre eux se fasse vacciner, parce qu'il n'y a qu'un seul moyen d'en sortir une bonne fois pour toutes. Nous n'avons pas envie de continuer à faire ces allers-retours entre périodes de restriction et périodes de plus grande liberté. Donc, il faudra vacciner en masse et pour cela, il faudra que le vaccin arrive vite. Nous sommes prêts à nous organiser à l'échelle du territoire, comme nous l'avons fait pour les dépistages."