"Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne et on discute ensuite" disait Jean-Luc Mélenchon en 2009 à propos du vaccin contre la Grippe A. Or, ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a fait par de ses "doutes" sur le vaccin contre la Covid-19, en particulier les sérums utilisant l'ARN messager.

Jean-Luc Mélenchon, invité de BFM dimanche 13 décembre.
Jean-Luc Mélenchon, invité de BFM dimanche 13 décembre. © Capture d'écran BFM TV

"Ce vaccin ne me rassure pas". Jean-Luc Mélenchon a des doutes et il a décidé de le faire savoir. Invité dimanche de BFM Politique, l'émission dominicale de la chaîne d'info, Jean-Luc Mélenchon y fait part de ses doutes quant à l'organisation du "plan sanitaire français" : "On a l'impression qu'après avoir couru derrière les masques chinois en tissu, maintenant, on est en train de courir derrière les doses de vaccin fabriquées aux Etats-Unis d'Amérique sans trop interroger sur la méthode."

"On connaît au moins deux ou trois trucs sur le surgelé"

Puis, à propos du vaccin de Pfizer/BioNTech, le député embraye : "Il ne me rassure pas." Tout en reconnaissant qu'il "ne sait pas", n'est "pas médecin", ni "épidémiologiste", Jean-Luc Mélenchon poursuit en s'interrogeant : "Je sais juste qu'un certain nombre de conditions ne me semble pas respecté (...) Depuis quand on met un vaccin sur la base de seulement des communiqués des agences de presse ? Qu'est-ce que vous savez sur son contenu ?" 

"Un vaccin, qui se fabrique à moins 60... Vous et moi, si on n'y connait rien en vaccins, on connaît au moins deux ou trois trucs sur le surgelé puisqu'on en consomme. Ce vaccin, qui dépend d'une telle chaîne du froid, il m'inquiète. Parce que la moindre rupture, vous ne la verrez pas avant d'en voir les effets", a également commenté Jean-Luc Mélenchon. Quant à la technique (inédite) de l'ARN messager, utilisée par Pfizer, "on croise les doigts pour que ce soit la bonne idée, mais en attendant, on en est pas sûr", a-t-il estimé. "Et je suis très chagrin de voir que le grand Institut Pasteur, qui est notre grande organisation française, n'ait pas été aidé de toutes les manières possibles pour pouvoir intervenir dans ce débat d'une manière valable." S'il estime que son rôle "n'est pas d'aller semer la pagaille et effrayer les gens", le député ajoute : "Disons que je n'apprécie pas trop ce qui est en train de se passer." 

"Rappeler à chacun ses responsabilités"

Ces doutes de Jean-Luc Mélenchon peuvent surprendre. Ils tranchent en effet avec une prise de position de 2009, directement sortie de notre boîte à archives, sur la vaccination. Nous sommes en pleine épidémie de Grippe A, la polémique enfle autour de la commande massive de doses puis de la stratégie vaccinale et l'élu (à l'époque au Parlement européen) s'indigne, dans l'émission "C'est demain la veille" sur France Inter : M. Mélenchon affirme que "devant les campagnes de santé publique, on fait d'abord la campagne et on discute après, pas l'inverse"

"Vous pourriez commencer par faire, au nom de votre profession, un petit mea culpa. Parce que si je me souviens bien, quand toute cette affaire a démarré, il y a eu toute une mode dans les médias pour entretenir le scepticisme, 'est-ce que cela valait la peine de se vacciner ou pas ?'", répond-il à Pierre Weill, qui le fait réagir sur la campagne de vaccination contre la grippe. 

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Jean-Luc Mélenchon, invité de France Inter en novembre 2009, avec Pierre Weill.

Par France Inter

"Maintenant que tout le monde va, comme c'est normal, faire vacciner les enfants et se faire vacciner soi-même, je pense que le moment est venu de rappeler à chacun ses responsabilités", poursuit Jean-Luc Mélenchon avant d'ajouter :

Devant les campagnes de santé publique, on fait d'abord la campagne et on discute après, pas l'inverse. Déjà, c'est le premier élément à charge de tous ceux qui ont semé du scepticisme sur cette affaire.

"Les Français n'étaient pas sceptiques. Si l'on avait fait un sondage pour savoir si les gens pensaient que la terre est plate ou ronde, il est vraisemblable que les gens, à l'époque, auraient déclaré qu'elle était plate", ajoutait encore celui qui était à l'époque à la tête du Parti de gauche. 

Un Jean-Luc Mélenchon beaucoup plus sceptique, donc, qu'il y a 11 ans. Sceptique, tout comme il avait évoqué ses doutes sur l'application StopCovid, en relayant une fausse information lors du débat à l'Assemblée nationale, en mai.

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