Mélenchon nous le temps d'un meeting... Et + si affinités

par Clément Labrune, JDLP à Lyon.

Même David Pujadas s'en étonne dans son JT de 20 heures : «Devinez quel est le candidat qui, à ce jour, réunit le plus de personnes lors de ses meetings ? ». Réponse : celui du Front de Gauche , Jean-Luc Mélenchon , qui était à Villeurbanne le 7 février dernier. Ne voulant pas rater l’occasion de comprendre un tel engouement, j’arrive sur les lieux en avance vers 18h30. Les -10 degrés ne découragent pas les militants qui vendent sandwichs et boissons chaudes aux portes d'entrée. Une foule déjà dense est à l'intérieur, dans une première salle. L'ambiance est festive, mini concerts et des clowns déguisés en banquiers pour accueillir les visiteurs. De nombreux stands sont disposés à l'arrière de la salle. On y trouve aussi des formations de soutien au Front de Gauche (Parti Communiste Ouvrier Français, CGT, Les Alternatifs), que des organisations féministes. De nombreuses chaises disposées devant deux écrans géants entourent une scène et un pupitre. Ce dispositif tient au fait que le meeting ne se déroulera pas dans cette salle, mais dans une autre située au-dessus.

On peine à comprendre : « Il n'aurait pas un peu la folie des grandeurs Jean-Luc Mélenchon ? Deux salles pour lui tout seul ? ». La réponse se dessine au fil des minutes. Le flux des arrivants ne tarit pas.

À 20h, 4000 personnes sont amassées dans la salle principale, autant à l'étage inférieur sous les écrans géants. Pire, la jauge n’est pas assez importante. Des files d’attente se forment à l’extérieur. On déplace donc les stands pour faire de la place et les chiffres se bousculent. Une personne de l'organisation annonce dix mille personnes réunies ce soir.

Meeting Melenchon
Meeting Melenchon © Radio France / CLAB

Les drapeaux s'agitent dans un flot de couleur rouge, la ferveur scande « Résistance ! » . Pas de « Mélenchon président ! » pour éviter tout culte de la personnalité dixit le candidat à l'élection présidentielle.

Pourtant, il ne se gênera pas pour rappeler à l'ordre sur un ton paternaliste des militants trop bruyants pendant son discours. Jean-Luc Mélenchon assène des « je vais vous expliquer », oubliant le « nous », force de la collectivité du Front de Gauche.

Mais personne ne lui en tient rigueur. Des ouvriers venus en tenue de travail, certains coiffés de leurs casques aux étudiants et retraités, tous écoutent les arguments développés pendant plus d'une heure. Une assistance attentive qui n’hésite pas à huer quand elle entend citer les noms de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy et applaudit les propositions clés du programme : l’augmentation du SMIC et la réquisition des logements non-vacants.

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon © Radio France / CLAB

Jean-Luc Mélenchon ponctue son discours avec Victor Hugo :"S’il fallait choisir entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares ! ". L'Internationale est chantée, le poing levé, et La Marseillaise aussi. Les talents oratoires de Jean-Luc Mélenchon sont aujourd’hui reconnus de tous. Ses détracteurs parlent de show et de démagogie, d’un habillage révolutionnaire folklorique. Mais dans la salle le courant est passé. On aime penser qu’un monde meilleur qui ne serait pas dicté par le système financier est possible. Les opposants de Jean-Luc Mélenchon pourront toujours faire observer qu’il est un héritier de ce système. Ce soir là, dix mille personnes restent sourdes à cet argument, ces dix mille personnes qui repartent convaincues et réconciliées avec la politique.

Par Clément Labrune, JDLP à Lyon

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