Christiane Taubira
Christiane Taubira © MAXPPP/Xavier de Torres

Après le meurtre d'une enfant à Calais par un ressortissant polonais interdit de séjour en France suite à une condamnation, des ténors UMP et FN taxent la garde des Sceaux de laxisme et critiquent l'espace Schengen. Le gouvernement contre-attaque.

Le meurtrier présumé de Chloé, 9 ans, a reconnu les faits. Ce Polonais de 38 ans a été condamné à deux reprise en France, chaque fois par le tribunal correctionnel de Boulogne : la première fois en 2004, à 4 ans de prison, la deuxième en 2010, à 6 ans de prison ; dans les deux cas, pour extorsions avec violence, vols aggravés et séquestration ou tentative de séquestration. La justice polonaise venait de le condamner à de la prison ferme, mais l'homme n'avait pas été incarcéré sur le champs.

Laurent Wauquiez : "Mme Taubira fait du désarmement pénal"

A la lumière de ces faits, de nombreuses voix s'élèvent au sein de l'UMP pour critiquer les manquements supposés du système judiciaire, et notamment dela garde des sceaux Christiane Taubira .

Parmi les premiers à monter au créneau, le secrétaire général du parti, Laurent Wauquiez.

Parmi les autres critiques de l'espace Schengen, l'ancienne ministre UMP Valérie Pécresse : elle se dit "bouleversée" par un drame qui aurait pu " être évité" , et pour elle, il faut "revoir en urgence" les accords de Schengen.

Le laxisme supposé du système judiciaire est aussi dans le viseur du Front National. Pour son vice président Florian Philippot, la mort de Chloé est un"drame de Schengen, du laxisme" .

Des propos "abjects" pour Manuel Valls

En déplacement à Créteil, le premier ministre a dénoncé ces propos :"Abaisser à ce point le débat, profiter de ce crime abominable, effroyable, abject pour s'en prendre à la politique pénale du gouvernement qui n'a rien à voir avec ce qui s'est passé, et pour s'en prendre de nouveau à la garde des Sceaux, c'est insupportable ."

Le secrétaire d'Etat en charge des relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen, lui fustige un procédé"odieux".

Ce vendredi la Pologne a présenté ses regrets à la France mais nie toute responsabilité dans le drame , même si la justice polonaise venait de condamner l'homme à un an de prison pour tentative de cambriolage. Le système judiciaire polonais ne prévoit l'incarcération du condamné qu'après un délai administratif de trois semaines - délai dont l'homme a profité pour prendre la fuite, et rejoindre la France.

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