Certaines des fausses informations propagées par le site "La Gauche M'a Tuer" sont plus virales que des articles issus de vrais sites d'info. Avec ce site, Mike Borowski, ancien assistant parlementaire, a créé une poule aux oeufs d'or qui s'appuie sur des intox.

Avant d'être à la tête de ce site, Mike Borowski a été candidat à des élections ou assistant parlementaire
Avant d'être à la tête de ce site, Mike Borowski a été candidat à des élections ou assistant parlementaire © AFP / Alain Jocard

Vous ne connaissez probablement pas son nom, mais il y a de fortes chances que vous soyez déjà tombé sur un des articles qu'il rédige pour le site internet qu'il anime depuis plusieurs années : "La Gauche M'a Tuer". Avec ce site, Mike Borowski a créé une véritable poule aux oeufs d'or qui lui attire les foudres de tous les "fact-checkers", les journalistes chargés de vérifier les informations qui circulent sur internet

Car des "fake news", plutôt rattachées à la droite dure, son site en est rempli. Sur "La Gauche m'a tuer", on peut par exemple lire que "nombre de retraités" gagnent "moins que les migrants", une information fausse. Ou encore que des SDF "français" ont été renvoyés d'un centre d'hébergement "pour accueillir 89 migrants" - si cette expulsion a bien eu lieu, rien ne permet de dire quelle était la nationalité des SDF en question. 

Mais Mike Borowski refuse de dire qu'il partage volontairement des fausses informations. Son site est "un média d'opinion", selon lui. 

"Vous dites que c'est faux, on dit que c'est vrai, chacun défend son truc". 

Sur son compte Twitter, il se dit "de droite, la vraie, et réactionnaire". Avant de diriger ce site, il a été à l'UMP, où il a notamment participé au fameux Lipdub du parti qui a marqué l'histoire de l'internet français... Il a été candidat à des élections, assistant parlementaire de Gilles Carrez, et lobbyiste. Avant les élections présidentielles de 2012, il participe à la création de "La Gauche M'a Tuer" avec des jeunes UMP, pour décrédibiliser la gauche. Il gère désormais le site seul. Rattaché depuis 2014 à une société qu'il a créée, le site lui a rapporté jusqu'à 41 000 euros de chiffre d'affaires (en 2015).

Et pendant la présidence de François Hollande, certains de ses articles aux titres accrocheurs deviennent plus partagés que ceux de sites d'info comme Libération, rapporte l'AFP, qui a rencontré le blogueur. "Il suffisait que j'écrive Taubira et Prison, et je faisais 10 000 partages". Le laxisme du système judiciaire est l'une de ses obsessions, avec les "parasites" roms, les migrants qui "occupent" la France, etc. 

Seulement, avec l'arrivée d'Emmanuel Macron et son "nouveau monde", des nouveaux usages d'internet qui font de plus en plus usage de la vidéo, et des réseaux sociaux qui ont annoncé leur intention d'en finir avec les fausses informations, Mike Borowski reconnaît que son année 2018 a été plus "compliquée" que les précédentes. 

"Facebook a sabordé ma page"

Alors que la visibilité de sa page Facebook a été diminuée par la plateforme, celui qui se dit éditorialiste a contre-attaqué le réseau social qui a fermé sa page "par erreur" début 2018. Depuis, il affirme qu'il "n'a plus de censure" et peut donc "être plus virulent", même si près de 200 articles ont été estampillés comme "faux" par la plateforme, selon ses propres affirmations. 

Sa chaîne YouTube a également été fermée en 2018. Pour riposter, il se présente désormais comme "journaliste-citoyen" sur une autre chaîne, nommée "Droitards Méchants", dans laquelle il suit notamment, depuis plusieurs semaines, les manifestations des "gilets jaunes". 

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