[scald=84309:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a lancé mercredi une mise en garde contre "l'attentisme" lors de l'ouverture d'un sommet social sur la crise, sans toutefois avancer de mesures précises à ce stade.

Le chef de l'Etat a réuni à l'Elysée les dirigeants des principales organisations syndicales et patronales pour discuter de mesures visant à enrayer le chômage et à aider des entreprises françaises en mal de compétitivité.

Il a opposé la nécessité d'une réponse urgente à la crise aux critiques de ceux qui l'accusent de vouloir tirer un profit politique du sommet à trois mois de l'élection présidentielle.

"L'évolution rapide de la situation nous oblige à la fois à aller plus loin et plus vite. On ne peut pas attendre les échéances politiques pour décider", a-t-il déclaré, selon le texte de son intervention diffusé par l'Elysée.

"Se réfugier dans l'attentisme, ce serait donner raison à tous ceux qui jouent sur l'impuissance du politique et du syndicalisme pour prospérer", a-t-il ajouté. "Est-ce que la vie économique, est-ce que les licenciements s'arrêtent parce qu'il y a des élections ?"

Nicolas Sarkozy a énuméré les thèmes qu'il souhaitait discuter avec les partenaires sociaux.

Il a ainsi évoqué le recours à l'activité partielle pour amortir les chocs conjoncturels en invoquant l'exemple de l'Allemagne -"avec le Premier ministre nous sommes prêts à mettre des moyens supplémentaires", a-t-il dit.

"NOUS NE SERONS PAS D'ACCORD SUR TOUT"

Il a insisté sur la nécessité de renforcer et de réorganiser les dispositifs de formation des chômeurs et des salariés en activité partielle, ainsi que de mettre en place des "leviers nouveaux" pour favoriser la production de logements, un facteur qui pèse sur la mobilité professionnelle.

Nicolas Sarkozy a également déclaré vouloir recueillir l'avis des partenaires sociaux sur les moyens de renforcer la compétitivité des entreprises.

Il a ainsi dit vouloir aller plus loin dans l'aide aux investissements des entreprises industrielles.

Il a confirmé sa volonté de diversifier le financement de la protection sociale, notamment par une contribution des importations, mais sans prononcer les mots de "TVA sociale", dont les syndicats ne veulent pas entendre parler.

"En vous réunissant, je veux vous dire que j'ai bien conscience qu'à l'issue de cette réunion, nous ne serons probablement pas d'accord sur tout. Vous avez vos convictions, j'ai les miennes", a souligné le chef de l'Etat. "Mais même lorsqu'on est désaccord, la démocratie c'est se respecter. Et se respecter, c'est se dire la vérité."

Il a enfin réaffirmé sa "détermination totale" à mettre en oeuvre une taxe sur les transactions financières.

"Je considère qu'elle est moralement juste et économiquement indispensable. Et le nombre de pays qui y sont favorables augmente : nous avons déjà convaincu l'Allemagne et l'Espagne", a dit le président de la République.

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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