Ce dimanche matin, François Hollande remet les clés de l’Elysée à Emmanuel Macron. Le président sortant transmettra également la procédure d’engagement du feu nucléaire.

En 1997, Jacques Chirac, arrive aux États-Unis accompagné de son aide de camp, le colonel Peer de Jong
En 1997, Jacques Chirac, arrive aux États-Unis accompagné de son aide de camp, le colonel Peer de Jong © AFP / Luke Frazza

Passation de pouvoir ce dimanche matin entre François Hollande et Emmanuel Macron, l'occasion d'un tête à tête entre les deux chefs d'État au cours duquel sera évoquée la dissuasion nucléaire. Le nouveau président sera ensuite informé et guidé tout au long de son quinquennat par des hommes les plus discrets au monde.

La remise de la procédure d’engagement du feu nucléaire est un moment clé dans la vie du chef de l’État

Pour le guider, Emmanuel Macron, devenu le chef des armées, aura à ses côtés 24 heures sur 24, trois aides de camp, des officiers supérieurs issus généralement des trois corps : Terre, Air et Marine. Des hommes essentiels, tenus à la plus grande discrétion et détenteurs de tous les secrets petits ou grands. C’est l’un de ces aides de camp qui informera le président Macron du processus nucléaire.

L’aide de camp n'est jamais bien loin

Toujours en grand uniforme avec sur l'épaule l'aiguillette qui marque sa fonction, il veille nuit et jour sur le chef de l'état, s'occupe de son agenda, de ses déplacements. Ultra disponible, l’aide de camp est aussi l'homme de l'absolue confiance, celui qui garde en permanence la mallette contenant le code nucléaire.

C’est lui qui expliquera la marche à suivre, comme l'a fait le colonel Peer de Jong qui a été aux côtés de François Mitterrand et de Jacques Chirac : "On lui transmet la méthodologie pour comprendre le système de déclenchement du feu nucléaire. L’aide de camp va lui expliquer comment cela fonctionne. En phase 2, le président descend au PC Jupiter". Ce poste de commandement dans les sous-sols de l’Elysée a été créé en 1940 puis modernisé. "Ce PC il va le visiter assez rapidement. Il faut rentrer assez vite dans le processus.

C’est un moment sacré pour le chef de l’Etat, c’est un moment où il sacralise sa fonction.

"Ce sont des choses lourdes et le chef d’Etat rentre dans le métier à ce moment-là", explique celui qui a accompagné François Mitterrand et Jacques Chirac. "C’est une prise en compte de la menace de la responsabilité par rapport à la Nation. Souvent le président pose des questions et il en repose ensuite".

Comment s’enclenche le feu nucléaire ? Peer de Jong n’en dira rien. "Le système doit être fonctionnel h24. Je ne peux vous dire où il est. Les gens qui ont inventé cela sont des génies. C’est un système incroyable : fonctionnel et éternel. On ne peut pas le percer, et efficace. Si moi et le chef de l’Etat étions devenus fous, nous n’aurions pas pu le déclencher. Tous les paramètres ont été pris en compte pour interdire une action intempestive. L’aide de camp est aussi un des maillons de la chaîne qui garantit que le président est en capacité de pouvoir déclencher le feu nucléaire s’il voulait le faire."

"Aujourd’hui il n’y a plus de secret, on sait tout" explique l'ancien ex de camp."Et bien aujourd’hui, ce que j’ai d’ailleurs quasiment oublié, que je ne peux vous dire car c’est le dernier secret de la République".

Peer de Jong vient de publier aux Editions Tallandier : "Vous n'oublierez rien, Colonel", aide de camp du président de la République.

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