Le quatrième gouvernement Hollande, ce sera sans Montebourg ni Filippetti, ni Hamon. Manuel Valls devrait nommer un nouveau gouvernement mardi après-midi : fini le gouvernement de combat, bienvenue au gouvernement restreint.

Montebourg "reprend sa liberté"

Le ministre de l'Economie et du Redressement productif a annoncé lundi après-midi renoncer à toute fonction dans le quatrième gouvernement Hollande :

C'est avec la fierté du devoir accompli, avec le sens des responsabilités qui m'ont été confiées que j'ai indiqué cet après-midi à M. le Premier ministre que s'il jugeait que je me trompais, s'il jugeait que mes convictions étaient contraires aux orientations du gouvernement qu'il dirige, dans ce cas, je croyais nécessaire de reprendre ma liberté, tout comme il accepte de me la rendre.

Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg © BFM / BFM
Le remaniement intervient à la veille de l'ouverture de l'université d'été du Medef, offrant à Manuel Valls, qui s'y exprimera mercredi, une tribune de choix pour tenter de rallier les chefs d'entreprise à sa cause, une position historiquement délicate pour la gauche française. L'exécutif juge que regagner la confiance des entreprises est indispensable pour relancer l'investissement et les embauches et sortir ainsi la France de sa situation de croissance zéro et de hausse du chômage. Rappel à l'ordre gouvernemental à l'appui, Manuel Valls pourra affirmer avec encore plus de force que le débat économique a été tranché une fois pour toutes avec comme cap le soutien à l'offre, c'est-à-dire la baisse du coût du travail réclamée depuis longtemps par les chefs d'entreprise. C'est le premier point sur lequel[ les critiques d'Arnaud Montebourg](http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/23/arnaud-montebourg-plaide-pour-un-changement-de-cap-economique-du-gouvernement_4475669_823448.html) ont fait mal. **Quel avenir pour Montebourg ? Nasser Madji a assisté à la conférence de presse d'Arnaud Montebourg**
La carrière d'Arnaud Montebourg
La carrière d'Arnaud Montebourg © Radio France / Radio France
### Filippetti choisit la "loyauté à ses idéaux" Dans un courrier transmis à l'AFP, la ministre de la Culture et de la Communication a déclaré lundi qu'elle ne serait "pas candidate à un nouveau poste ministériel." : > Il y a un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Je choisis pour ma part la loyauté à mes idéaux. Je ne serai donc pas [...] candidate à un nouveau poste ministériel. **► ► ► CONSULTER | [La lettre d'Aurélie Filippetti à Valls et Hollande](http://www.liberation.fr/politiques/2014/08/25/filippetti-faudrait-il-desormais-que-nous-nous-excusions-d-etre-de-gauche_1086657?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter)** ### Pour Benoît Hamon , il aurait été incohérent de rester au gouvernement C'est à 20h00, sur France 2 que Benoît Hamon, le troisième démissionnaire, a annoncé qu'il rendait son portefeuille > Je ne participerai pas au nouveau gouvernement de Manuel Vall. J'ai décidé de partir, je m'en suis livré très librement au président et au Premier ministre. Il aurait été incohérent, alors que j'ai exprimé un désaccord, que je reste au gouvernement. Ce remaniement - il s'agira du quatrième gouvernement de l'ère Hollande - intervient à quelques semaines des débats sur la loi de finances pour 2015 qui s'annonçaient déjà houleux en raison de la fronde menée par plusieurs députés PS. **Gérard Collomb ? Des écologistes dissidents ? Qui est pressenti ? Les précisions de Marion Lagardère**
### Les réactions À la gauche du PS, la sénatrice**Marie-Noëlle Lienneman** : > On ne peut pas gouverner avec le seul soutien ou le soutien essentiel du Medef quand on est de gauche. "J'appelle le président de la République à discuter avec l'ensemble des représentants des forces de gauche de ce pays pour faire un nouveau pacte majoritaire sur une politique qui ne peut pas être en rupture totale, mais qui a des inflexions majeures." Membre des "frondeurs" du PS, **Pouria Amirshahi** : > Le président de la République confirme la poursuite d'une politique pourtant minoritaire. Malheureusement, le président de la République confirme la poursuite d'une politique pourtant minoritaire et contestable dans ses principes comme dans ses résultats. Il existe pourtant à l'Assemblée Nationale comme dans le pays une majorité pour porter une autre politique tournée vers le progrès social, la transition écologique et la lutte contre les inégalités. Membre du triumvirat de l'UMP, l'ancien Premier ministre **François Fillon** : > La moitié du quinquennat déjà écoulée augure mal de la capacité du président, quel que soit le gouvernement qu'il choisira, à prendre les décisions indispensables. François Hollande a choisi d'agir sur le gouvernement pour donner davantage de cohérence. Tant mieux si cela permet d'engager au moins quelques vraies réformes. Il est grand temps. Mais la moitié du quinquennat déjà écoulée augure mal de la capacité du président, quel que soit le gouvernement qu'il choisira, à prendre les décisions indispensables. On peut aussi douter de la majorité parlementaire pour appuyer le changement de politique correspondant. **Marine Le Pen** , présidente du Front national : > Dissoudre l'Assemblée nationale. "De l'UMP au PS les gouvernements se succèdent mais les politiques ne changent pas. D'échecs en échecs, les mêmes hommes issus d'un même système, profondément francosceptique, mènent notre pays sur les voies du déclassement. Dans ces conditions, il est plus que jamais nécessaire de redonner la parole aux Français et de dissoudre l'Assemblée nationale. Le pouvoir y sera de toute façon poussé par la perte de sa majorité à l'Assemblée nationale."
Les remaniements du gouvernement Hollande
Les remaniements du gouvernement Hollande © Radio France
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