benoît hamon succède à vincent peillon au ministère de l’éducation
benoît hamon succède à vincent peillon au ministère de l’éducation © reuters

"Nous ne sommes pas loin des frondeurs", assure Benoît Hamon, ministre de l'Éducation nationale, en évoquant le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg. Ils sont tous deux à la fête de la Rose, avec certains socialistes très critiques envers le gouvernement

Quand François Hollande n'est pas là, certains de ses ministres dansent, et se posent surtout des questions. Après Arnaud Montebourg samedi, c'est au tour de Benoît Hamon de se démarquer du reste de l'exécutif, dans un entretien au Parisien.

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Le ministre de l'Éducation nationale assure que s'il "ne peut pas fronder dans le gouvernement", "cela ne signifie pas qu'on ne va pas dire des choses". Tout comme Arnaud Montebourg, il se dit peu convaincu par la politique économique du gouvernement, et notamment la rigueur qui la définit depuis 2012. Pour lui, elle va dans le mur.

La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l'offre qui a été faite depuis deux ans. On ne peut rien vendre aux Français s'ils n'ont pas des revenus suffisants.

Pas question non plus selon lui de continuer à soutenir le fameux "exemple allemand". "Angela Merkel ne peut plus être celle qui donne le la de l'orientation européenne. L'Allemagne sert ses intérêts personnels, pas ceux de l'Europe".

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Quitter le navire ?

Pour autant, ni Benoît Hamon ni Arnaud Montebourg ne comptent quitter le gouvernement. Mais ils montrent aujourd'hui une proximité (certes pas nouvelle) avec les frondeurs côté socialistes, ceux qui réclament un changement de cap et de politique de l'exécutif.

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Dans une interview au Monde hier, Arnaud Montebourg dénonçait la volonté "dogmatique" de réduire les déficits, principale faiblesse selon lui de la politique économique de l'exécutif. Un appel qu'il a renouvelé ce dimanche lors de la Fête de la Rose.

En 2012, je me souviens qu'il y avait la promesse que la politique devait être plus forte que l'économie. Aujourd'hui, l'obstination à poursuivre les politiques de réduction des déficits est une erreur qui peut être mortelle.

Une prise de position qui parle y compris au-delà de son parti...

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Benoît Hamon est aujourd'hui l'invité vedette de la traditionnelle Fête de la Rose, organisée par Arnaud Montebourg dans son fief de Saône-et-Loire, tout comme plusieurs socialistes peu convaincus par le tandem Hollande / Valls.

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