arnaud montebourg rappelé à l'ordre après ses propos sur les gaz de schiste
arnaud montebourg rappelé à l'ordre après ses propos sur les gaz de schiste © reuters

Arnaud Montebourg est-il allé trop loin ? Après ses propos sur le gaz de de schiste, le ministre du redressement productif a été sèchement recadré par Jean-Marc Ayrault et les Ecologistes. Mais risque-t-il le même sort que Delphine Batho, limogée du gouvernement il y a une semaine ?

Depuis son déplacement à Bucarest, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a remis Arnaud Montebourg à sa place, expliquant qu'il était "exclu d'exploiter des gaz de schiste en France" et que "cette position sera évidemment maintenue".

La position du gouvernement français consiste à travailler à préparer la transition énergétique, et le gaz de schiste n'est pas dans l'équation du gouvernement.

Ce recadrage intervient après les déclarations, mardi, du ministre du redressement productif. Lors d'une audition à l'Assemblée nationale, il a dit croire au "gaz de schiste écologique" et désirer laisser la porte ouverte à son exploitation.

La bourde de trop ?

Arnaud Montebourg avait déjà fait tâche d'huile au gouvernement, on s'en souvient notamment au moment du dossier Florange. A nouveau, il se positionne à l'écart de ses camarades à peine une semaine après le limogeage de Delphine Batho, ex-ministre de l'Ecologie, pour une critique du budget.

Si Jean-Marc Ayrault ne se prononce pas sur d'éventuelles sanctions, les ministres de l'Ecologie, Philippe Martin et de l'Agriculture, Stéphane Le Foll ont reproché à M.Montebourg sa sortie incohérente avec les choix du gouvernement.

De son côté, Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat, a estimé que le fautif était "nuisible à l'écologie, nuisible au gouvernement" :

Il sait que ce n'est pas la position du gouvernement, sait que ce n'est pas la position du président de la République (...) et il en rajoute une couche.

Une provocation, en somme.

Cela dit, personne ne semble vraiment croire que l'avenir d'Arnaud Montebourg soit menacé. Pour le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux : "bien entendu on ne le sort pas du gouvernement", il est simplement allé "trop vite".

Selon un proche du chef de l'Etat, "Montebourg n'est pas en contradiction avec ce que dit François Hollande", puisque ce dernier avait encouragé la recherche de techniques alternatives à la fracturation hydraulique.

La même source conclue :

Ca n'a rien à voir avec les déclarations de Batho qui, elle, a rompu la règle de solidarité sur le budget.

Alors, Arnaud Montebourg peut-il tout se permettre ? Cyril Graziani

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