Arnaud Montebourg a été rappelé à l'ordre par les membres du gouvernements et les élus de la majorité après ses propos sur le gaz de schiste. Le ministre a, en effet, suggéré la création d'une compagnie publique de prospection.

Dix jours après l'éviction de Delphine Batho du ministère de l'Ecologie, les écologistes, dont la ministre du Logement Cécile Duflot, se sont élevés contre ce nouvel écart du ministre du Redressement productif.

Jean-Vincent Placé, sénateur Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a attaqué jeudi sur RFI un "adversaire de l'écologie et du gouvernement".

Je ne comprends pas vraiment Arnaud Montebourg. Il sait que ce qu'il défend n'est pas la position du gouvernement, ni du président, et pourtant, il en rajoute une couche. Est-ce que c'est de la provocation? Je ne sais pas.

C'est lors d'une audition mardi devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale qu'Arnaud Montebourg a avancé l'"idée personnelle" d'une compagnie, disant avoir bon espoir "qu'on arrivera, avec la technique, dans très peu de temps, au gaz de schiste écologique" .

Cette sortie d'Arnaud Montebourg n'est pas une surprise, Cyril Graziani

Désavoué...

La France a interdit en juillet 2011 la technique de la fracturation hydraulique , utilisée notamment aux Etats-Unis, pour l'exploitation du gaz de schiste.

Le nouveau ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Philippe Martin, a répliqué mercredi que la question d'une exploitation "écologique" des gaz de schiste ne se posait pas aujourd'hui en France en raison du bilan carbone "très négatif" de ces forages.

Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes, comme le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a pour sa part appelé le ministre du Redressement productif à la "cohérence" gouvernementale sans toutefois condamner ses propos.

Quand le ministre de l'industrie dit qu'il y a un fort potentiel pour la France, il dit vrai. Pour autant, quand il veut créer une entreprise publique sur cette question, il va trop vite. Faisons en sorte de donner des moyens à la recherche et n'abordons le sujet que lorsqu'il y aura une possibilité d'extraction. Pour l'instant, elle n'existe pas.

... mais pas lâché

Pour Stéphane Le Foll, "il y a une position qui a été définie, on s'y tient". Il a toutefois relativisé la "sortie" de son collègue.

Aujourd'hui on fait toute une affaire de cette histoire, il a répété ce qu'il avait déjà dit.

Quant à l'éventualité d'une mise à l'écart d'Arnaud Montebourg, Bruno Le Roux s'est récrié:

Bien entendu qu'on ne le sort pas du gouvernement!

Ce traitement passe mal auprès de Delphine Batho , qui avait dénoncé le lobby en faveur du gaz de schiste après avoir été remerciée pour avoir critiqué le "mauvais" budget de son ministère. Voilà ce qu'elle a déclaré, ce matin, sur France Inter :

Je pense qu'il ne sera pas traité comme moi, c'est gros comme le nez au milieu de la figure. On ne peut pas être pour la démondialisation et vouloir importer en France le pire du modèle américain. Ce serait la moindre des choses que le Premier ministre lève l'ambiguïté permanente qui est entretenue sur cette question des gaz de schiste.

L'interview de Delphine Batho par Hélène Jouan, ce matin sur France Inter :

Les conclusions du débat national sur la transition énergétique sont attendues le 18 juillet.

Gaz de schiste
Gaz de schiste © radio-france
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