Faire table rase des vieilles pratiques, des petits arrangements et des privilèges opaques des élus, de cet ancien monde politique jugé par les Français trop corrompu, c'était tout l'enjeu de la loi de confiance dans la vie politique, adoptée par les parlementaires il y a un an. Quel est le bilan au bout de 12 mois ?

Il y a un an, les députés débattaient du projet de loi de moralisation de la vie politique
Il y a un an, les députés débattaient du projet de loi de moralisation de la vie politique © AFP / Jacques DEMARTHON

Véritable coup de balai sur l'ancien monde ou petit toilettage des pratiques politiques opaques ? La loi divise toujours les parlementaires et laisse sur leur faim les associations anti-corruption.

Dans le verre à moitié plein, il y a après le traumatisme de l'affaire Fillon, la fin des emplois familiaux. C'est désormais passible de trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. 

Pour tordre le cou aux conflits d'intérêts, il n'est plus possible de se lancer dans une activité de conseil, en cours de mandat. Il y a aussi l'obligation de contrôle fiscal et l'instauration d'une peine complémentaire inéligibilité pour des délits comme le harcèlement moral ou sexuel, les discriminations ou encore la fraude fiscale aggravée. Enfin - et ça a fait hurler nombre d'élus - la suppression de la réserve parlementaire, dont disposaient députés et sénateurs pour attribuer des subventions.

Et c'est là que l'on arrive au verre à moitié vide. L'indemnité représentative des frais de mandat a bel et bien été supprimée, mais remplacée par une avance du même montant. La seule différence c'est que désormais il faut produire des justificatifs.
Exit encore le casier judiciaire vierge ou l'encadrement des lobbys qui étaient pourtant des engagements d'Emmanuel Macron. 

Plus grave, estime le président de l'association Anticor, le "verrou de Bercy" a été maintenu par "des élus En marche, qui à l'époque étaient très nouveaux et aux ordres, explique Jean-Christophe Picard, alors que les Sénateurs étaient chauds bouillants et l'avaient fait sauter en première lecture". Le ministre du budget conserve ainsi son monopole pour autoriser les poursuites judiciaires en cas de fraude fiscale. "On a raté le coche" estime Anticor. "Preuve que le renouvellement des têtes n'engendre pas forcément le renouvellement des pratiques".

Si on avait voté cette suppression du 'verrou de Bercy', cette loi aurait vraiment été marquante. On en aurait parlé pendant longtemps.

Pour Jean-Christophe Picard, "Aujourd'hui la loi aboutit à des avancées relativement anecdotiques. Même si on est d'accord que les recrutement familiaux c'est pas bien, ce n'est pas de problème numéro un de la France..."

En somme c'est un début, mais le combat de la moralisation de la vie politique reste à mener.

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