L'ancien ministre et président PS de l'Assemblée nationale, figure de l'aile gauche du Parti socialiste, est décédé mardi matin à l'âge de 71 ans

la disparition d'Henri Emmanuelli
la disparition d'Henri Emmanuelli © AFP / Jacques DEMARTHON

Benoît Hamon était bouleversé ce lundi matin en apprenant le décès de celui qui était pour lui une "forme d'âme sœur".

Henri Emmanuelli, figure historique de l'aile gauche du Parti socialiste, avait apporté son soutien à Benoît Hamon lors de la primaire du PS - même s'il critiquait son "revenu universel-. Emmanuelli avait fait précédemment équipe avec le même Hamon, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon au sein du Nouveau Parti socialiste (NPS) après avoir été le compagnon de route de Jean-Luc Mélenchon, alors encore membre du PS, au sein du courant Nouveau Monde.

Une boussole qui indiquait toujours la gauche

Ombrageux souvent, indigné parfois, drôle toujours, Henri Emmanuelli était issu d'un milieu populaire, orphelin. Il adhère au PS de François Mitterrand en 1972 , après avoir travaillé à la Compagnie financière de Banque (CFB) d'Edmond de Rothschild.

Au Parti socialiste il plaide sans relâche pour un PS clairement ancré à gauche. En 1978 il devient député des Landes, un département qu'il ne quittera pratiquement plus. Son expertise des questions financières fera de lui à trois reprises le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale qu'il présidera de 1992 à 1993.

On se souvient également des passages d'Henri Emmanuelli au gouvernement : entre 1981 et 1986, secrétaire d'Etat aux DOM-TOM puis au Budget du président François Mitterrand.

Il sera également premier secrétaire du PS entre 1994 et 1995 après avoir été le trésorier de son parti en 1987.

Henri Emmanuelli verra sa carrière brutalement mise entre parenthèses par sa condamnation en 1997 dans l'affaire URBA de financement illégal du PS, en tant que trésorier du PS, condamnation à dix-huit mois de prison avec sursis et deux ans de privation de ses droits civiques, avant de retrouver ses mandats en 2000

A la tête de son fief des Landes, il a été un des premiers à introduire l'informatique à l'école dans les années 1980, il a rendu les transports des collégiens gratuits. Il avait également mis en oeuvre le projet de "Village Alzheimer", premier du genre en France, pour maintenir au maximum les malades dans une vie sociale ordinaire.

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