C'est suffisamment peu fréquent pour être souligné : à Nantes, sixième ville de France, il n'y aura que des femmes têtes de liste aux municipales des 15 et 22 mars... Et c'est à celle qui sera la plus verte.

De gauche à droite, Julie Laernoes, Johanna Rolland, Laurence Garnier et enfin Valérie Oppelt.
De gauche à droite, Julie Laernoes, Johanna Rolland, Laurence Garnier et enfin Valérie Oppelt. © Maxppp / Romain Boulanger, Franck Dubray et Radio France/Pascale Boucherie

Envers et contre toutes. La campagne des municipales à Nantes se conjugue au féminin cette année. Toutes les têtes de listes, six au total, le 15 mars seront des femmes. 

Dans cette bataille de dames, c'est à qui sera la plus verte. Même la candidate Les Républicains Laurence Garnier s'y est mise et fait valoir son bilan comme conseillère régionale. "Le vélo n’est ni de droite ni de gauche", lance l'élue, déjà opposante de Johanna Rolland en 2014. 

À la région, "on a lancé une grande révolution vélo : 90 millions d’euros sur la table pour faire en sorte que Nantes rattrape le retard qu’elle a pris". Car pour la droite nantaise, Nantes est en retard comparativement à d'autres grandes métropoles. 

Les LR à bicyclette. Pour La République en marche, l'avenir de Nantes, ce sera son fleuve. La députée Valérie Oppelt, investie par En Marche, mise sur la Loire : "Nantes dans son histoire est la Venise de l’Ouest, mais elle a tourné le dos à son fleuve donc toutes les politiques publiques que je présente seront déclinées autour de lui". 

L'écologie au cœur de la bataille

Mais le duel qui s'annonce opposera surtout la maire qui se revendique de la social-écologie, Johanna Rolland à l'une de ses adjointes EELV, Julie Laernoes. Pas de quartier. Les sujets de clivage n'ont pas manqué dans le mandat : Notre-Dame-des-Landes, le nouveau stade de football, etc. La majorité s'est fissurée. 

C'est toutefois la seconde fois qu'EELV présente sa propre candidate à l'élection municipale dans une ville où le parti a obtenu 24,3 % des voix aux élections européennes de mai 2019.  Depuis ces élections, les écolos se sentent pousser des ailes et pensent pouvoir conquérir de grandes métropoles.  

"C’est une ligne nationale, c’est une évidence", relève Johanna Rolland, héritière de l'emblématique Jean-Marc Ayrault, aux commandes de la ville depuis 2014. Elle considère avoir verdi son mandat et a affiché la couleur dès son entrée en campagne. 

"Ma première annonce a été la gratuité des transports en commun le week-end. Au moment où les jeunes marchent dans la rue pour le climat et disent on ne veut pas des mots, on veut des actes, voilà un acte très concret"

Mais, pour sa principale adversaire, la maire de Nantes n'a rien d'écolo. Julie Laernoes ne manque jamais l'occasion d’égratigner celle avec qui elle a travaillé pendant six années. "L’écologie ne peut plus être une variable d’ajustement. Quand ce n'est pas pratique, que cela va à l’encontre des politiques d’attractivité qu’on doit mener, on met l’écologie sous le tapis, ce n’est plus acceptable", lâche la tête de liste EELV lors d'un de ses porte-à-porte dans un quartier pavillonnaire de l'est nantais.

"Le bateau est en train de couler et les forces politiques traditionnelles sont en train d’écoper à la petite cuillère", poursuit-elle avec toujours dans son viseur Johanna Rolland. La maire de Nantes, elle, a fait le deuil de son union mais prône le rassemblement. "Il y a dans la liste que je dirige des représentants du parti communiste, de l’union démocratique bretonne, Génération.s (le parti de Benoit Hamon, NDLR), Place publique. Ils soutiennent ma démarche, égrène-t-elle, à l’exception de EELV qui partout est dans une stratégie de se compter au premier tour". 

Sur la liste EELV, l'homme qui a enfariné la maire

Les deux camps semblent arriver à un point de non-retour. Une proche de Johanna Rolland pour justifier les difficultés futures d'entre deux tours, prend l'exemple de ce colistier de Julie Laernoes, "en position éligible". 

L'homme, militant associatif, avait enfariné en octobre 2018 la maire de Nantes et avait été condamné à un mois de prison avec sursis. Ainsi, une alliance ou une fusion de liste dans ces circonstances semble irréalisable. Mais pour l'instant, à Nantes, personne ne veut penser au second tour. Surtout que toutes les candidates en conviennent, leur principal adversaire le 15 mars a un nom : l'abstention.

Au total, six femmes sont donc candidates à l'élection municipale à Nantes :

  • Julie Laernoes (Nantes ensemble, EELV, Génération écologie), 
  • Valérie Oppelt (Nantes avec vous, LREM, MoDem), 
  • Laurence Garnier (Mieux vivre à Nantes, Les Républicains)
  • Margot Medkour (Nantes en commun, liste citoyenne)
  • Johanna Rolland (Nantes en confiance, Parti socialiste, Génération.s, Parti communiste)
  • Eleonore Revel (Rassemblement national)
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