Steeve Briois devant la mairie d'Hénin-Beaumont
Steeve Briois devant la mairie d'Hénin-Beaumont © Radio France / Eric Damaggio

La droite est en tête au niveau national mais c'est le Front national qui réalise un score historique aux municipales. Elu dès le premier tour à Hénin-Beaumont, en tête à Avignon et à Béziers, le FN s'impose comme la troisième force politique du pays.

Selon une estimation BVA, les listes de l'UMP et de ses alliés centristes totalisent 48% des voix, contre 43% pour les listes de gauche et 7% pour les listes FN.

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Une victoire pour le FN

Le Front national semble en passe de gagner son pari et de s'imposer comme troisième acteur clef des élections municipales. La présidente du Front national s'est exprimé quelques minutes après les premières estimations :

Je pense que c'est la fin de la bipolarisation de la vie politique française, le Front national arrive comme une grande force autonome, une grande force politique, plus seulement nationale, mais également locale. Je pense que c'est une des révélations de cette soirée.

le front national en tête à forbach
le front national en tête à forbach © reuters

Le symbole de cette montée du FN, c'est le score du secrétaire général du FN, Steeve Briois qui est élu maire d' Hénin-Beaumont avec plus de 50,26 % des voix.

A Béziers, dans l'Hérault, le candidat du FN, l'ex-président de Reporters sans frontières RSF) Robert Ménard, recueillait pour sa part près de 48% des suffrages, selon une estimation Ipsos, loin devant son adversaire de droite. A Saint-Gilles, dans le Gard, c'est la liste de l'avocat Gilbert Collard qui est en tête avec plus de 40% des voix. Le parti de Marine Le Pen était également en tête dans plusieurs autres grandes villes, comme Fréjus (Var), Perpignan (Pyrénées orientales) ou Forbach (Moselle), où la liste du vice-président du FN, Florian Philippot, était créditée de 35,75% des voix contre 33% au maire sortant socialiste.

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Le FN a présenté 596 listes, soit quelque 21.700 candidats, chiffre record pour le parti de Marine Le Pen. Le seuil de qualification pour le second tour ayant été abaissé à 10% des suffrages exprimés (une barre franchie par Marine Le Pen dans quelque 900 communes lors de la présidentielle de 2012), le FN compte se maintenir dans des centaines de communes et envisage une victoire dans dix à 15 villes de ses zones d'influence.

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Copé, l'appel aux électeurs du FN

La droite a viré nettement en tête dimanche à l'issue du premier tour des élections municipales.

Réélu dès le premier tour à Meaux, Jean-François Copé a lancé un appel aux électeurs du Front national à reporter leur vote sur les candidats de l'UMP au second tour des élections municipales afin de ne pas donner "un coup de pouce à la gauche" :

J'invite les Françaises et les Français à comprendre que s'ils revotent pour le Front national, ce sera un coup de pouce pour la gauche. Je dis aux Françaises et aux Français qui étaient très nombreux, on le voit, à exprimer leur inquiétude, leur colère aussi par rapport à la politique de François Hollande depuis deux ans, à reporter leur vote sur l'UMP.

Le principal opposant de droite à Copé, l'ancien Premier ministre François Fillon affirme qu'aucun alliance avec le Francne peut être envisagée.

L'UMP, qui savait ne pouvoir miser sur "une vague bleue" comme en 1983 en raison d'une image dégradée et de la menace du FN, compte inverser le rapport de forces dans les villes de plus de 9 000 habitants (près de 1 100 communes) qui sont contrôlées par la gauche à 54,5%, telles Angers qui pourrait basculer ou Reims où l'UMP est au coude à coude avec le PS.

L'UMP réunira son bureau politique lundi après-midi pour réaffirmer la doctrine contestée du "ni ni" arrêtée en 2011 par Nicolas Sarkozy : ni Front national, ni front républicain.

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Le PS sanctionné et victime de l'abstention

La gauche recule de cinq points par rapport aux élections de 2008, alors un cru exceptionnel pour le PS, et l'UMP est en passe de réussir son pari avec une avance notable.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est brièvement exprimé. Il a appelé "l'ensemble des forces démocratiques" à faire barrage au Front national pour empêcher l'élection de maires du parti d'extrême droite.

Là où le FN est en situation, dans quelques communes, de l'emporter au second tour, l'ensemble des forces démocratiques et républicaines ont la responsabilité de l'empêcher

A Paris, la socialiste Anne Hidalgo est au coude à coude avec sa rivale UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, mais les particularités du scrutin parisien font que la dauphine du maire sortant Bertrand Delanoë devrait s'imposer.

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Un nouveau record d'abstention

L'abstention a atteint un nouveau record en France après celui des municipales de 2008 - entre 35% et 39%, selon les estimations des instituts de sondage -, une désaffection à même de doper les scores du Front national. L'UMP craint que l'abstention ne l'expose à de nombreuses triangulaires voire des quadrangulaires fatales avec le FN au second tour, un scénario qui sauverait en retour la mise de sortants socialistes. Le Front national s'était maintenu dans 138 villes au second tour en 1995.► ► ► CONSULTER | Tout comprendre sur les municipales 2014

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