La présidente du RN Marine Le Pen et le député européen EELV Yannick Jadot ont demandé dimanche soir le report du second tour des municipales compte tenu de la situation sur le front de la lutte contre le coronavirus, et l'abstention massive lors de ce premier tour.

POur Marine Le Pen "Il faut considérer acquises" les victoires au 1er tour et reporter le second
POur Marine Le Pen "Il faut considérer acquises" les victoires au 1er tour et reporter le second © capture d'écran

Le second tour des municipales va-t-il se tenir dimanche ?l Plusieurs responsables politiques, dont la présidente du RN Marine Le Pen et le député européen EELV Yannick Jadot, ont demandé dimanche soir au président de la République Emmanuel Macron qu'il soit reporté en raison de la propagation du coronavirus. Plusieurs présidents de région ainsi que le député LFI, François Ruffin, et le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, ont aussi réclamé ce report.

Le Premier Ministre Édouard Philippe a annoncé dimanche qu'il réunirait "à nouveau en début de semaine" les experts scientifiques et les "représentants des forces politiques" afin de prendre une décision sur le second tour des municipales. "Si le premier tour s'est parfaitement déroulé, le taux d'abstention élevé que nous enregistrons témoigne cependant de l'inquiétude grandissante de nos concitoyens face à l'épidémie qui nous frappe", a-t-il ajouté.

Marine Le Pen veut un second tour dans "quelques mois"

Dans une déclaration télévisée, Marine Le Pen, présidente du RN, a jugé dimanche que "le second tour n'aura manifestement pas lieu compte tenu de l'aggravation prévisible de l'épidémie". "Il faut donc considérer comme acquises les nombreuses élections qui ont vu les candidats être élus au premier tour [dont plusieurs candidats RN, NDLR] et reporter les autres qui devront se tenir dans quelques mois quand l'épidémie sera jugulée."

Pour sa part, Yannick Jadot a "appelé solennellement le président de la République à faire prévaloir en toutes circonstances la santé des Français". "Je lui demande de réunir dès demain matin les représentants des forces politiques pour tirer toutes les leçons de ce premier tour. Et je lui demande d'organiser avec ces forces politiques le report du second tour", a-t-il ajouté, jugeant que ce scrutin très apprécié des Français ne pouvait "pas être tronqué".

Pour François Ruffin aussi, le report est une évidence. Avant même 20 heures, le député LFI poussait en ce sens sur Twitter. "Le maintenir serait mauvais pour la santé des citoyens, mais aussi pour celle de la démocratie."

Les Républicains prêts à "envisager" le report du second tour

De son coté, sur le plateau de France 2, Guillaume Peltier, vice-président délégué des Républicains a déclaré : "Nous sommes tout à fait près à envisager le report du second tour."

La présidente de la Région Occitanie Carole Delga a également demandé ce report. Tout comme Renaud Muselier, président de la région PACA.

Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, a demandé "dès demain" une réunion à Matignon sur le second tour afin d'obtenir de "la transparence" et "que nous mettions sur la table toutes les informations pour que collectivement on puisse prendre la meilleure décision pour ce pays".

À rebours des membres de son parti et de beaucoup, Gilbert Collard, s'est dit favorable à recommencer complètement ces élections. "Je pense que le premier tour doit être annulé", a affirmé dimanche soir sur franceinfo le député européen RN. "C'est ce que ne partage pas beaucoup de mes collègues", a précisé Gilbert Collard qui craint "que la progression de la pandémie, avec les jours qui viennent et le calcul connu scientifique de la propagation, nous empêche de tenir ce second tour." 

L'abstention lors du premier tour devrait se situer entre 53,5% et 56%, un record historique pour des municipales. Selon une étude réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour Radio France, France Télévisions et les chaînes parlementaires, 39 % des abstentionnistes disent ne pas être allés voter notamment à cause de la crise du coronavirus. C'est la principale raison invoquée par les personnes interrogées.

Un report du second tour rendrait le premier caduc et obligerait donc les électeurs à revoter pour les deux tours.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.