"Vague bleue" pour Jean-François Copé, la gauche en déroute et le FN en orbite. Que faut-il retenir ? Va-t-on vers un remaniement du gouvernement ? Quelles sont alternatives de François Hollande ? Eléments de réponse.

Jean-François Copé revendique une vague bleue

Jean-François Copé
Jean-François Copé © PHOTOPQR/VOIX DU NORD / PHOTOPQR/VOIX DU NORD

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La Droite a préféré se montrer assez peu ambitieuse pendant presque toute la campagne. Du coup, les victoires engrangées hier soir, n'apparaissent que plus nombreuses encore et surtout plus retentissantes. La Droite semble l'avoir emporté sur tous les tableaux. En reprenant, d'abord, les villes qu'elle a perdues en 2008 comme Toulouse, Reims, Amiens, Caen, Saint-Etienne, Laval ...

►►► A CONSULTER | Les résultats dans votre ville Mais l'UMP a réussi aussi à s'emparer de plusieurs vrais bastions de Gauche. Il y a eu Niort la semaine dernière. L'hécatombe s'est poursuivie hier avec Limoges, socialiste depuis 102 ans, avec Chambéry, la Roche-sur-Yon... Sans oublier Belfort, la ville de Jean-Pierre Chevènement et des élus du parti qu'il a créé - le MRC - Ils y sont installés depuis plus de 30 ans.

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Le parti de Jean-François Copé s'est emparé également d'une ville symbole, Quimper, dont le maire - perdant - n'est autre que le conseiller spécial à l'Elysée du président Hollande. Quelques citadelles ont résisté mais sont sacrément ébranlées : Lyon, Lille, les villes sont restées à gauche mais les métropoles - les communautés urbaines - pourraient bien basculer à Droite.

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Pari gagné pour le FN

Robert Ménard en campagne à Béziers
Robert Ménard en campagne à Béziers © MaxPPP / Olivier Corsan

Derrière la défaite cuisante du PS et la victoire pour l'UMP, le Front national sort clairement renforcé de ce scrutin municipal. Certes, plusieurs figures du parti ont été battus : le numéro deux du FN, Florian Philippot à Forbach, le vice-président, Louis Aliot à Perpignan, et le député Gilbert Collard à Saint Gilles mais le Front National conquiert plus de villes qu'en 1995, jusqu'ici son meilleur cru électoral. D'après les chiffres du ministre de l'Intérieur, 14 villes sont tombées dans l'escarcelle du parti de Marine Le Pen pour ces municipales. Béziers, Fréjus, Cogolin, Beaucaire, Hayange, Mante-le-Ville ou encore Villers-Côterêt, sans compter Hénin-Beaumont la semaine dernière. Le FN a largement rempli le contrat qu'il s'était fixé.

Le FN s'était fixé deux objectifs : avoir au moins 1 000 conseillers municpaux, pari gagné puisque plus de 1 300 élus vont siéger sous l'étiquette frontiste et puis : remporter une dizaine de villes, c'est fait sans compter les trophées. Dimanche dernier, Hénin-Beaumont, 26 000 habitants, était déjà une belle prise, mais c'était surtout le fruit d'un labour de deux décennies, avec un prétendant, Steeve Briois, qui tentait sa chance depuis 1995. Avec Fréjus, 52 000 habitants et Béziers, 71 000, le FN réalise une tout autre performance d'autant que, dans cette dernière, Robert Ménard, parachuté l'an dernier, est loin d'avoir ratissé son terrain électoral pendant des années. Ultime pied, la conquête du septième secteur de Marseille, 150 000 habitants, de quoi faire dire à Marine Le Pen : "Nous allons mettre à bas ce délire sur le "danger pour la République" que représenterait le FN, dit-elle, "nous allons démontrer que nos élus sont de bons maires." La présidente du Front national qui se projette déjà dans l'étape électoral d'après, en prédisant un FN en tête aux européennes, le 25 mai prochain.

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Les villes remportées par le FN
Les villes remportées par le FN © Radio France

Hollande désavoué

La très sévère sanction infligée dimanche à la majorité lors du second tour des élections municipales contraint François Hollande à l'action, via la nomination d'un nouveau gouvernement de combat concentré vers plus de justice sociale. Si un remaniement ministériel à brève échéance ne fait guère de doute après ce désaveu massif, le suspense demeure quant au maintien ou non à sa tête de Jean-Marc Ayrault, qui a dit prendre "toute sa part" dans cette "défaite".

En privé la semaine dernière, François Hollande avait donné le "la". "Il y a un besoin de justice sociale. Etre à gauche, c'est changer davantage la vie des Français", disait-il, soucieux d'écouter ses concitoyens "y compris dans le silence" de l'abstention.

Devant l'ampleur du désaveu, le remaniement ne saurait tarder, même si personne n'avançait de date dimanche soir. Selon les agendas de l'Elysée et de Matignon, publiés samedi comme à l'accoutumée, une rencontre est prévue à 08h30 lundi matin entre Jean-Marc Ayrault et le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, principal prétendant à Matignon avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. L'ancien maire d'Evry est annoncé à l'Elysée une heure plus tard. Président et Premier ministre doivent quant à eux déjeuner ensemble à 13h00. Donné partant par une partie du PS, Jean-Marc Ayrault a mis ces derniers jours tout le poids de ses 35 ans de vie politique dans la balance pour défendre son bilan et se présenter comme l'homme qui saura porter le plan d'économie triennal de 50 milliards d'euros et le pacte dont il a supervisé l'élaboration.

Quel que soit le Premier ministre choisi, François Hollande veut profiter du changement d'équipe pour disposer de "ministres plus forts, plus impliqués" et en finir avec les accusations d'amateurisme qui plombent jusqu'à présent son quinquennat. La "claque" des municipales sonne en tout cas comme un très sérieux avertissement pour les socialistes, qui pourraient de nouveau être sanctionnés aux élections européennes du 25 mai, le Front national y étant donné comme le premier parti de France. Passé l'été, un autre risque se profile avec les sénatoriales de septembre, qui devraient se solder par un basculement à droite de la chambre haute, passée à gauche en 2008 pour la première fois de la Ve République.

Les résultats du municipales
Les résultats du municipales © Radio France
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