Interrogé sur France Inter après l'annonce du décès de Jacques Chirac, Nicolas Hulot dit perdre "un ami précieux" et revient, notamment, sur l'engagement écologiste de l'ancien Président.

13 novembre 2006 : Nicolas Hulot décoré par Jacques Chirac
13 novembre 2006 : Nicolas Hulot décoré par Jacques Chirac © Maxppp / Le Parisien

Proche de longue date de Jacques Chirac, Nicolas Hulot connaissait l'ancien président depuis les années 1990. En 2002, les deux hommes s'étaient rendus ensemble au Sommet de la Terre - sommet lors duquel Jacques Chirac avait prononcé cette phrase devenue référence : "Notre maison brûle". 

Malgré son refus de prendre la tête du ministère de l'Écologie sous le gouvernement Raffarin, Nicolas Hulot conservait un profond respect et une complicité avec l'ancien chef d'État, comme il en témoigne, ce jeudi, sur l'antenne de France Inter.

"Je suis très triste, parce que j'ai développé avec cet homme, depuis une trentaine d'années, une relation d'amitié et de confiance. Et au-delà de la politique, c'était _un homme d'un profond humanisme_, un homme qui aime les autres. Nous avions une relation très particulière, il m'a toujours fait confiance, il m'a beaucoup aidé dans mon engagement." 

"Je ne trouve pas les mots"

"Je ne peux pas expliquer pourquoi il me vouait une telle confiance, mais je lui dois beaucoup, et j'avais une amitié très singulière avec lui. Au moment où j'apprends cela, je ne trouve pas les mots", poursuit Nicolas Hulot, très affecté.

"La France perd un humaniste, et quoi que l'on pense de la politique, c'était un grand bonhomme. Je perds un ami précieux, c'était une relation que je ne remplacerai jamais."

"À chaque fois que je revenais d'Ushuaïa, il voulait que je lui raconte"

Interrogé sur la conversion à l'écologie de l'ancien président, à laquelle Nicolas Hulot aurait largement contribué, ce dernier évoque notamment ses années à la tête de l'émission Ushuaïa

"J'ai eu, pendant de nombreuses années, des conversations avec lui, à l'époque d'Ushuaïa. À chaque fois que je revenais, il voulait que je lui raconte. Probablement que j'ai participé à un début de conversion, de prise de conscience. Mais il avait un véritable amour pour les peuples premiers. À chaque fois que je rentrais, je l'alertais, et il m'écoutait religieusement."

Puis vient le Sommet de Johannesburg, en 2002, lorsque le président prononce le fameux : 

Notre maison brûle.

"Sa phrase a fait le tour du monde, et quelque part, _il a interpellé le monde_. Replacé dans le contexte de l'époque, pour un homme dont l'orientation politique n'était pas spontanément tournée vers l'écologie... Je pense qu'il a participé à la prise de conscience commune."

"J'ai vu Mandela l'étreindre et le supplier de ne pas envahir l'Irak"

Nicolas Hulot évoque enfin un souvenir personnel qui l'a profondément marqué : "J'étais avec lui lors d'une rencontre avec Nelson Mandela en Afrique du Sud. Nous étions tous les trois, avec l'interprète. J'ai vu Mandela se lever, étreindre Jacques Chirac par l'épaule, et le supplier de ne pas envahir l'Irak. Et Chirac était tellement ému... Je pense que l'idée du discours de Dominique de Villepin aux Nations-Unies [le 14 février 2003, pour dire non à la guerre en Irak, ndlr], est née à ce moment-là."

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