Nicolas Hulot est nommé ministre de la Transition Ecologique et Solidaire avec rang de ministre d'Etat. Quels compromis le premier Ministre et lui même ont-ils faits ?

Nicolas Hulot
Nicolas Hulot © AFP / CITIZENSIDE / THIERRY THOREL / CITIZENSIDE

Nicolas Hulot a plusieurs fois été pressenti pour entrer dans un gouvernement. Il a toujours refusé, notamment lorsque François Hollande le lui a proposé. Cette fois-ci, il a donc accepté le portefeuille.

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde pendant l'entre-deux tours, il avait soutenu le vote Macron avec cette phrase :

le vote Macron c'est un vote de raison, pas d'adhésion.

Macron n'est pas très écolo, Edouard Philippe encore moins !

Emmanuel Macron n'a pas donné l'impression jusqu'à présent d'être un écologiste convaincu. La preuve avec les bus Macron qui sillonnent désormais la France.

Il a tout de même proposé dans son programme de baisser la part du nucléaire à 50% du mix électrique en 2025, de fermer les dernières centrales à charbon françaises d'ici à 2022, de doubler les capacités éoliennes et solaires d'ici à 2022.

Mais toutes ces propositions reprennent en fait les engagements sous la Présidence François Hollande : la baisse du nucléaire à 50% figure dans la loi sur la transition énergétique de 2015, la fermeture des centrales à charbon a été annoncée par François Hollande pendant la COP 22 en 2016 et concernant le solaire et l'éolien, cela représenterait la poursuite du rythme de croissance actuel.

De son coté, Edouard Philippe, nouveau Premier ministre, est un ancien cadre d’Areva. Député-maire du Havre, il a voté CONTRE les lois sur la transition énergétique et sur la biodiversité.

Je crois à la transition écologique et environnementale (...) Je ne crois pas à l'écologie punitive. L'écologie fait partie intégrante de notre modèle économique et de notre modèle de civilisation. Ça veut dire qu'on ne peut plus produire de la même façon

Pour Hulot , l'environnement méritait un grand ministère

Huit organisations environnementales, dont la Fondation Hulot, avaient envoyé une lettre ouverte à Emmanuel Macron après son élection pour lui demander de créer "un grand ministère de l'Environnement", au périmètre élargi et avec à sa tête un ministre d'Etat, numéro deux dans l'ordre protocolaire.

Ce ministère aurait été chargé du développement durable (écologie, biodiversité, climat et énergie, transport, logement et urbanisme, aménagement du territoire, pêche et mer)(...).

Finalement, dans l'ordre protocolaire, Nicolas Hulot est troisième ministre d'Etat après edouard Philippe Premier ministre et Gérard Collomb, nommé ministre de l'Intérieur.

Premier dossier : Notre-Dame-des-Landes

Nicolas Hulot est l'un des plus fervents opposants à l'aéroport de Notre Dame des Landes. Les partisans du projet l'ont pourtant emporté par référendum à 55,17% en 2016. Mais les écologistes et les opposants contestent ces résultats , estimant que le territoire sur lequel il a été effectué n'est pas représentatif. Nicolas Hulot estime par exemple qu'il fallait faire une consultation plus large.

On consulte les gens une fois que les décisions sont prises, on ne leur demande que de valider ces décisions.

Cet aéroport est un sujet clé entre Hulot et le nouvel exécutif.

L'année dernière, le Premier ministre Edouard Philippe, alors maire du Havre, s'est prononcé POUR l'aéroport :

Emmanuel Macron de son coté, a dit vouloir respecter la consultation populaire et nommer un médiateur qui devra rendre un rapport dans les six mois.

A l'issue des six mois, je ferai évacuer la zone avec les forces de l'ordre qui s'imposent si l'on n'a pas réussi à faire baisser la pression.

Deuxième dossier : le nucléaire

Pour Nicolas Hulot, "il faut sortir du nucléaire", "le nucléaire appartient au passé". L'écologiste met en avant les questions de sécurité, depuis l'accident de Fukushima. La centrale de Fessenheim (Bas-Rhin) devrait fermer lors de la mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche) en 2019 mais cette fermeture est contestée par des élus du Grand Est et les syndicats d'EDF.

Pour le reste du parc, Emmanuel Macron conditionne ses décisions à l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire sur la prolongation des réacteurs au-delà de 40 ans. Cet avis n'est pas attendu avant fin 2018.

Il faudra aussi trouver un terrain d'entente avec EDF sur les conditions d'éventuelles fermetures supplémentaires.

Nicolas Hulot sera aussi confronté au projet d'EDF de construire de nouvelles centrales en France à l'horizon 2028-2030 pour remplacer les installations en fin de vie

Emmanuel Macron est pro-nucléaire. Lorsqu'il était ministre de l'Economie, il militait pour le développement de l'EPR d'Hinckley Point. Il est partisan de la fermeture de la centrale de Fessenheim mais estime que la filière est indispensable à la production d'électricité.

Un dossier plus consensuel : les centrales à charbon

Mais de son coté, Edouard Philippe, nouveau Premier ministre, s'est toujours prononcé contre la fermeture de la centrale à charbon du Havre dont il est maire.

Autre dossier plus consensuel : les gaz de schiste

Emmanuel Macron s'est officiellement engagé dans sa campagne à ce qu'il n'y ait aucune exploitation des gaz de schiste, comme le souhaitent les écologiqtes

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