[scald=103525:sdl_editor_representation]STRASBOURG (Reuters) - L'annonce par Nicolas Sarkozy d'une possible suspension des accords de Schengen ainsi que ses propos relatifs à l'immigration ont été sévèrement critiqués mardi par la gauche et le centre du Parlement européen.

Le président-candidat a déclaré dimanche qu'il exigerait une réforme de l'accord de libre circulation des citoyens - bien que celle-ci soit déjà en chantier -, et qu'à défaut, il rétablirait les contrôles aux frontières.

"Chers collègues, est-ce que nous voulons maintenant devoir reprendre notre passeport pour venir à Strasbourg ? Non, il ne peut pas avoir dit ça sérieusement, ce n'est pas possible", a lancé dans l'hémicycle de Strasbourg le président du groupe socialiste et démocrate, l'Autrichien Hannes Swoboda.

"Nous voulons aller en avant et pas en arrière et demandons au président Sarkozy, vu son échec potentiel aux élections, de ne pas retomber dans le nationalisme", a-t-il ajouté.

Guy Verhofstadt, président du groupe libéral-démocrate et ancien Premier ministre belge, a enfoncé le clou.

"Dire que la moitié des immigrés doivent quitter la France, s'attaquer au halal, au même moment, s'attaquer aux autres partenaires en ce qui concerne Schengen ! Je me demande qui en fait est le candidat de l'extrême droite, est-ce que c'est Le Pen ou est-ce que c'est Sarkozy ?", s'est-il interrogé.

S'agissant d'immigration, le président français a évoqué une division par deux du flux légal qui passerait de 200.000 à 100.000 individus par an, et non leur expulsion.

"L'Allemagne et la France sont isolées au Conseil. Tous les pays ont refusé de renationaliser la gestion de Schengen", a poursuivi Daniel Cohn-Bendit, le co-président des Verts.

Le chef de l'Etat français a été logiquement défendu par le président de la délégation UMP-Nouveau Centre au Parlement européen, Jean-Pierre Audy, pour qui "Nicolas Sarkozy ne veut pas supprimer Schengen mais le renforcer".

L'ancien vice-président du Front national, Bruno Gollnisch, a fustigé pour sa part ceux "qui trouvent que c'est très raciste d'évoquer le fait que des gens, en France, soient obligés de manger de la viande halal alors qu'ils ne sont pas musulmans".

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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